L’Iran a confirmé mardi le choix de Hamid Aboutalebi comme prochain ambassadeur de la République islamique à l’ONU, malgré les inquiétudes de Washington concernant son rôle présumé dans la prise d’otages de l’ambassade américaine à Téhéran en 1979.

« L’Iran a choisi un diplomate d’expérience dont le bilan est clair et bon pour être son ambassadeur aux Nations unies et le considère approprié pour ce poste », a déclaré à l’AFP la porte-parole de la diplomatie iranienne, Marzieh Afkham, en marge d’une conférence de presse.

« Le bilan positif de M. Aboutalebi durant sa carrière et ses capacités professionnelles en tant que diplomate parlent d’eux-mêmes », a-t-elle souligné.

« Nous avons fait les formalités administratives et nous attendons une réponse officielle via les canaux diplomatiques », avait auparavant dit Mme Afkham lors de son point-presse.

La semaine dernière, Washington avait fait part de ses « inquiétudes » concernant cette nomination.

Selon les médias iraniens, M. Aboutalebi a affirmé ne pas avoir participé à la prise d’assaut de l’ambassade américaine le 4 novembre 1979 par des étudiants qui réclamaient l’extradition du Shah d’Iran, alors hospitalisé aux Etats-Unis.

Il serait seulement intervenu comme traducteur quand les étudiants ont relâché 13 femmes et Afro-américains. Les 52 autres prisonniers ont été retenus durant 444 jours et la prise d’otages avait provoqué la rupture des relations entre les deux pays en 1980.

Selon les médias américains, le Sénat américain a approuvé lundi un texte du Républicain Ted Cruz qui bloquerait l’entrée sur le territoire de représentants aux Nations unies ayant eu « une activité terroriste contre les Etats-Unis ».

Les Etats-Unis sont en principe obligés d’accorder des visas aux diplomates travaillant à l’ONU, dont le siège est basé à New York. Le département d’Etat américain a cependant rappelé qu’il pouvait exister des exceptions « en certaines circonstances ».

Hamid Aboutalebi, qui a été en poste en Australie, en Italie et en Belgique, est considéré comme proche des réformateurs iraniens et du président modéré Hassan Rohani. Il est actuellement à la tête du bureau des affaires politiques de la présidence. M. Rohani a été élu en juin 2013 en promettant d’apaiser les tensions avec les pays occidentaux, notamment sur le programme nucléaire controversé de Téhéran soupçonné de cacher un volet militaire.

Mais cette ouverture est critiquée par l’aile dure du régime iranien, alors que le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, se dit régulièrement méfiant à l’égard de Washington.