Les Gardiens de la révolution en Iran ont nié mardi les dires de la Turquie selon lesquels les deux pays planifiaient une opération conjointe contre les rebelles kurdes en Irak.

« Nous n’avons prévu aucune opération hors des frontières de l’Iran », a assuré la force d’élite de la République islamique dans un communiqué publié par l’agence ISNA.

« Mais comme toujours nous nous opposerons avec force à tout groupe […] ou personne qui tentera d’entrer sur le territoire iranien pour des opérations menaçant la sécurité » du pays, ajoute le texte.

La veille, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait affirmé qu’une opération conjointe de la Turquie et de l’Iran contre les rebelles kurdes était « toujours à l’ordre du jour ».

Erdogan faisait allusion au Parti des travailleurs du Kurdistan turc (PKK) et au Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK), un parti kurde iranien qui lui est affilié, tous deux ayant des bases arrière en Irak.

Les violences entre Ankara et le PKK, une organisation classée « terroriste » par la Turquie et ses alliés occidentaux, ont repris à l’été 2015 après un court cessez-le-feu.

Le chef d'état-major iranien, Mohammad Bagheri, et le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais présidentiel d'Ankara, le 16 août 2017. (Crédit : présidence turque)

Le chef d’état-major iranien, Mohammad Bagheri, et le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais présidentiel d’Ankara, le 16 août 2017. (Crédit : présidence turque)

Selon un quotidien turc, l’Iran a fait lors de la récente visite de son chef d’état-major une « proposition surprise » à la Turquie, sur le lancement d’une opération contre les rebelles kurdes à Sinjar et à Qandil, dans le nord de l’Irak.

« Nous pensons que si nos deux pays coopèrent, nous pouvons atteindre des résultats beaucoup plus rapidement », a déclaré lundi le chef de l’Etat turc, sans autre détail.

La déclaration du président turc intervenait après la visite la semaine dernière à Ankara du chef d’état-major iranien Mohammad Bagheri, au cours de laquelle les deux pays ont discuté de la lutte contre les rebelles kurdes.

Dans leur communiqué, les Gardiens de la révolution ont répété que l’ « Iran n’envisageait pas des opérations à l’extérieur de ses frontières », prévenant toutefois que « si un groupe terroriste quelconque […] tentait de créer l’insécurité à nos frontières, il devra faire face à une riposte vive et intensive de notre part, et les membres du groupe seront pris pour cible où qu’ils se trouvent. »

La Turquie et l’Iran ont eu des relations tendues par le passé et la visite du haut gradé iranien a été perçue comme un signe de réchauffement entre les deux pays. Il s’agissait de la première visite d’un chef d’état-major iranien en Turquie depuis la révolution islamique de 1979.