Le ministre de la Défense de l’Iran, Hossein Dehghan, a annoncé que Téhéran devrait dévoiler un missile balistique plus sophistiqué, surnommé le Emad, un mois après que les Etats-Unis ont menacé d’imposer de nouvelles sanctions sur le programme sur les missiles du pays.

« Nous allons dévoiler la prochaine génération d’Emad avec une meilleure précision pendant la prochaine année (iranienne) qui débute (à compter du 20 mars) », selon Reuters qui a repris les propos de Dehghan, mardi.

Dans une décision susceptible d’entraîner une réaction internationale sévère, le ministre de la Défense a annoncé que la production en masse de l’engin, – une roquette de moyenne portée capable de transporter une ogive nucléaire,- commencera prochainement.

« Le missile Emad ne constitue pas de violation de l’accord nucléaire ni d’aucune résolution de l’ONU, puisque nous n’utiliserons jamais une ogive nucléaire (à ce sujet). C’est une allégation », a déclaré Dehghan, se référant à de récents rapports qui indiquaient que les États-Unis avaient des projets – plus tard, mis à l’écart – d’introduire une nouvelle série de sanctions après les deux essais sur les missiles de la République islamique en octobre.

La Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et les Etats-Unis ont tous demandé à l’ONU de mener une enquête sur les lancements d’essai Emad.

Une commission de l’ONU a déterminé que ces lancements constituaient une violation d’une résolution du Conseil de sécurité qui interdit à Téhéran de tirer des missiles balistiques capables de transporter des armes nucléaires.

Des Missiles S-300, lors de la parade la Victoire sur la place rouge à Moscou, le 9 mai 2009 (Crédit : Kremlin.ru/CC BY 3.0  via Wikimedia Commons)

Des Missiles S-300, lors de la parade la Victoire sur la place rouge à Moscou, le 9 mai 2009 (Crédit : Kremlin.ru/CC BY 3.0 via Wikimedia Commons)

L’Iran avait à l’époque nié que le lancement des missiles était une violation de la résolution en question. Le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, avait déclaré que le missile n’avait pas été conçu pour transporter des ogives nucléaires.

Dehghan, mardi, a également annoncé que la Russie commencerait à livrer le système de défense de missiles anti-aériens S-300 à l’Iran au cours des deux prochains mois, conformément à un accord conclu entre les deux pays l’année dernière.

Dans le sillage d’un accord nucléaire historique conclu entre l’Iran et les six puissances mondiales en juillet, les deux pays ont annoncé que la Russie allait vendre le système de missiles à l’Iran.

La Russie avait initialement accepté de vendre le système avancé à l’Iran en 2007 mais avait interrompu la vente en affirmant à l’époque qu’elle se conformait à un embargo sur les armes des Nations unies.

Le S-300 est capable de suivre plusieurs avions à la fois et certaines versions ont une portée d’interception de 200 kilomètres. Il est considéré comme l’une des armes anti-aériennes les plus sophistiquées du monde.

L’AFP a contribué à cet article.