Des discussions sont en cours entre l’Iran et Twitter pour débloquer le réseau social, interdit depuis des années dans le pays mais utilisé par de nombreux dirigeants iraniens, a annoncé mardi le nouveau ministre des Télécommunications.

Twitter est interdit depuis les manifestations de masse contre le régime en 2009 qui avaient suivi la réélection contestée du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad.

Twitter « a annoncé être prêt à négocier pour résoudre les problèmes », a affirmé le ministre Mohammad Javad Azari Jahromi au quotidien Iran Daily. « Il y a de bonnes bases pour de telles négociations. Twitter n’est pas un [réseau] immoral nécessitant d’être bloqué. »

De nombreux dirigeants iraniens utilisent Twitter, notamment le guide suprême Ali Khamenei qui possède un compte dans plusieurs langues, ainsi que le président Hassan Rouhani et le ministre des Affaires étrangères Javad Zarif. Même Ahmadinejad a rejoint le réseau cette année.

Malgré l’interdiction en Iran de Twitter, Facebook et YouTube, des millions d’utilisateurs y ont accès grâce un logiciel peu coûteux.

Mohammad-Javad Azari Jahromi, ministre iranien des Télécommunications, le 13 août 2017. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Mohammad-Javad Azari Jahromi, ministre iranien des Télécommunications, le 13 août 2017. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Le ministre iranien a indiqué que des responsables tentaient de trouver des solutions pour débloquer YouTube, tout en continuant à censurer son « contenu immoral » , et qu’un projet pilote avait été lancé pour permettre aux universités d’y accéder.

Il a déclaré que la décision finale concernant le déblocage de Twitter ne revenait pas à son ministère mais au Conseil supérieur de l’Internet, qui comprend des membres du pouvoir judiciaire dominé par les conservateurs.

Jahromi, 35 ans, est devenu le plus jeune ministre d’un gouvernement iranien, et le premier à être né après la révolution islamique de 1979.

Sa nomination a été critiquée par des organisations de défense des droits de l’Homme pour son implication présumée dans des écoutes téléphoniques au cours des manifestations anti-régime de 2009 violemment réprimées.

Lors d’une récente réunion avec des députés, le ministre a rejeté ces accusations, affirmant qu’à cette époque, il n’était « pas responsable d’écoutes ». « J’étais en charge du système technique de l’industrie de surveillance », a-t-il souligné, selon le journal Shahrvand.