Mahboobeh Hosseinpour, la sœur d’un scientifique nucléaire iranien qui aurait été assassiné par Israël, a affirmé que son frère a en fait été éliminé par la Garde révolutionnaire iranienne (CGRI) parce qu’il ne voulait pas obtempérer à la demande du régime de participer à la fabrication d’armes nucléaires

« Les pays occidentaux ont depuis longtemps des soupçons sur les ambitions d’armes nucléaires [de l’Iran] et les accusations de Mme Mahboobeh Hosseinpour pourraient contribuer à confirmer ces soupçons », a déclaré la semaine dernière le Dr Iman Foroutan, président du groupe d’opposition iranien Le Nouvel Iran, dans un communiqué.

Mahboobeh a dit que son frère, le Dr Ardeshir Hosseinpour, a été approché en 2004 par des agents spéciaux de l’IRGC au nom du guide suprême de l’Iran l’ayatollah Ali Khamenei, qui voulait s’assurer le concours des services de Hossein pour pour un projet visant à accroître l’enrichissement de l’uranium pour développer des armes nucléaires. Dans le cadre du projet, il aurait également été chargé de l’enseignement et de la supervision des scientifiques russes et nord-coréens.

« On lui a offert un grade de deux étoiles dans la garde révolutionnaire ainsi que la propriété des usines « , a déclaré Mahboobeh à la source de nouvelles Moyen-Orient The Media Line, dans une interview depuis son domicile en Turquie.

Elle a dit que son frère a refusé de travailler pour des projets nucléaires iraniens, estimant qu’ils pourraient s’avérer préjudiciables à la fois pour l’économie du pays et pour la communauté internationale. Elle prétend que ses refus ont conduit Khamenei à ordonner son assassinat par des agents de l’IRGC en janvier 2007.

Après la mort mystérieuse du Dr Hossein, il y a eu des informations contradictoires quant à sa cause, notamment certaines sources prétendant à l’origine qu’il aurait été « gazé ».

Plus tard, une source privée de renseignement américaine a indiqué qu’il était mort d’empoisonnement radioactif et que des sources proches du renseignement israélien aurait confirmé qu’il avait été visé par le Mossad.

Par principe, Israël ne confirme ni n’infirme les assassinats signalés, et les responsables iraniens ont nié avec véhémence que le Dr Hosseinpour ait été assassiné.

Gholamreza Aghazadeh, vice-président iranien et chef de l’organisation pour l’énergie atomique du pays, a déclaré a l’agence de presse semi-officielle iranienne Fars que les « experts nucléaires, Dieu merci, sont sains et sans danger », et est même allé jusqu’à nier que Hosseinpour avait travaillé pour lui.

Cependant, Mahboobeh a affirmé que son frère « était la seule personne avec les meilleures informations requises pour l’enrichissement d’uranium en Iran », selon un communiqué de presse du Nouvel Iran.

Le journaliste iranien Dr Alireza Nourizadeh soutient les allégations de Mahboobeh.

Il a dit à The Media Line que l’assassinat a été ordonné « en raison d’une communication par courriel que [le Dr Hosseinpour] avait eu avec moi au sujet de la sensibilité de son travail. Ils étaient au courant de celle-ci, même s’ils n’avaient pas le contenu. »

Mahboobeh a plus tard soutenu ses allégations en racontant des conversations avec la veuve de son frère, Sara Araghi, qui a dit qu’elle avait vu un DVD avec des instructions détaillées pour la construction, ainsi que la neutralisation d’une arme nucléaire « 12 fois plus puissante » que celle d’Hiroshima.

Selon Mahboobeh, Araghi a dit avoir retiré le DVD du bureau de son mari le jour de son assassinat, mais qu’il a ensuite été volé par un membre de la famille.

Ce n’est pas la première fois que l’opposition iranienne accuse l’Iran d’assassiner ses propres scientifiques nucléaires.

En mai 2012, la chaîne d’informations de Dubaï Al-Arabiya, citant des sources de l’opposition iranienne, a rapporté que Téhéran avait exécuté un homme présenté comme un espion israélien comme couverture à l’assassinat du scientifique nucléaire Masoud Ali Mohammadi dans un attentat à la voiture en janvier 2010.