La présence militaire iranienne en Syrie est uniquement consacrée à la « guerre contre le terrorisme », a déclaré lundi l’ambassadeur de la Russie en Israël, cherchant à défendre un récent accord américano-russe qui permettrait aux forces iraniennes de rester dans ce pays déchiré par la guerre.

Jérusalem s’oppose avec véhémence à toute présence iranienne sur sa frontière nord, arguant que la République islamique utilisera n’importe quelle position en Syrie pour attaquer Israël.

Alexandre Shein a écrit sur la page Facebook de l’ambassade que Moscou respectait les préoccupations sécuritaires d’Israël, mais a réaffirmé l’affirmation de Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères de la Russie, selon laquelle la présence de l’Iran en Syrie est légitime.

« Le but de cette présence est confiné à la guerre contre le terrorisme. À cette fin, la Russie coopère avec l’Iran en Syrie », a écrit Shein.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov, à gauche, et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif, avant une conférence de presse conjointe de leurs présidents au Kremlin, à Moscou, le 28 mars 2017. (Crédit : Sergei Karpukhin/Pool/AFP)

M. Shein, ambassadeur de la Russie à Tel Aviv depuis 2015, s’est déclaré surpris par la réaction des médias israéliens à l’accord américano-russe sur la Syrie et par l’affirmation de Lavrov sur la légitimité de la présence iranienne dans ce pays.

« La Russie agit en conformité avec les normes et les principes du droit international qui légitime la présence iranienne en Syrie », écrit-il.

« Dans la période post-conflit, il appartient aux Syriens eux-mêmes de se mettre d’accord sur la présence étrangère dans leur pays dans le cadre d’un dialogue national inclusif. En d’autres termes, le règlement de cette question dépendra à la fois du gouvernement de Damas et des forces de l’opposition politique. A l’heure actuelle, la Russie n’épargne aucun effort pour lancer un tel dialogue », a ajouté Shein.

L’ambassadeur de Russie s’est également adressé aux craintes des Israéliens à propos de l’accord signé le 8 novembre entre Washington et Moscou à Amman pour créer une « zone de désescalade » dans le sud de la Syrie.

Le document est confidentiel et «de nature technique et opérationnelle, il définit les mesures nécessaires pour établir la zone de désescalade du Sud», écrit Shein. Il a ajouté qu’il n’y avait aucune raison de « surestimer l’importance » de l’accord pour les intérêts de sécurité nationale d’Israël.

« La Russie respecte les préoccupations israéliennes dans le domaine de la sécurité nationale », a-t-il conclu.

Le bureau du Premier ministre et le ministère des Affaires étrangères à Jérusalem ont refusé de commenter la déclaration de l’ambassadeur russe.

Ces dernières semaines, les responsables israéliens ont clairement fait savoir que Jérusalem ne tolérerait pas les efforts de l’Iran pour créer un « croissant chiite » qui permettrait aux troupes du régime de se retrancher près des frontières israéliennes.

Israël prend part à un exercice d’artillerie près de la frontière syrienne, dans le plateau du Golan, le 19 novembre 2017. (Crédit : AFP / JALAA MAREY)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré à plusieurs reprises que les Iraniens avaient l’intention de « transformer la Syrie en base militaire pour leur guerre de destruction contre Israël » et a indiqué qu’il était prêt à ordonner des opérations militaires pour empêcher un retranchement iranien sur la frontière nord d’Israël.

Le 17 octobre, Netanyahu a rencontré le ministre russe de la Défense, Sergei Shoigu, à Jérusalem, où les deux hommes ont discuté longuement de la tentative de la République islamique de s’établir militairement en Syrie.

« L’Iran doit comprendre qu’Israël ne permettra pas cela », a déclaré Netanyahu à Shoigu, selon son bureau.