L’Iran et la Russie ont signé mardi un protocole d’accord pour renforcer leur « coopération militaire bilatérale en raison des intérêts communs » aux deux pays, lors d’une visite à Téhéran du ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou.

Cet accord, signé par Choïgou et son homologue iranien Hossein Dehghan, vise à renforcer « la coopération pour le maintien de la paix, assurer la sécurité et la stabilité régionale et internationale et lutter contre le séparatisme et l’extrémisme », selon le site officiel du ministère iranien de la Défense.

Les deux pays vont également coopérer pour « l’entraînement militaire et l’organisation de manœuvres communes ».

« Nous espérons que la signature de ce protocole d’accord permettra de développer la coopération militaire entre la Russie et l’Iran (…) qui joue un rôle clé pour assurer la sécurité dans la région », a déclaré Choïgou, le plus haut responsable militaire russe à se rendre en Iran depuis 2002 selon les médias iraniens.

Le général Dehghan a pour sa part déclaré à la télévision d’Etat que les deux pays avaient « une analyse commune sur la macropolitique des Etats-Unis, son ingérence dans les affaires régionales et internationales et la nécessité de coopérer dans la lutte contre l’ingérence des forces étrangères à la région ».

L’Iran et la Russie sont visés par des sanctions économiques des Etats-Unis et des pays européens, Téhéran en raison de son programme nucléaire et la Russie à cause de son implication dans la crise ukrainienne. Les deux pays, qui se sont encore rapprochés ces dernières années dans le domaine économique, soutiennent également le régime du président syrien Bachar al-Assad.

Mais les relations avec la Russie, longtemps principal fournisseur d’armement à la République islamique, ont été émaillées de disputes depuis le début de la crise diplomatique internationale autour du programme nucléaire controversé de Téhéran.

Moscou a annulé en 2010 un contrat conclu trois ans plus tôt pour la livraison de missiles anti-aériens S-300, d’un montant de 800 millions de dollars, en application des sanctions de l’ONU contre Téhéran. L’Iran réclame 4 milliards de dollars de dédommagements pour cette annulation.

« Les deux pays ont également décidé de régler le problème S-300 », ajoute le site sans donner plus détails.

Téhéran est soupçonné, malgré ses dénégations, de chercher à se doter de l’arme atomique sous couvert de programme nucléaire civil. Un an après avoir signé un accord intérimaire en novembre 2013, l’Iran et les grandes puissances se sont donné jusqu’en juillet 2015 pour tenter de parvenir à un accord définitif.