L’Iran a exécuté toute la population masculine d’un village pour trafic de drogue, a déclaré une ministre du Cabinet iranien.

Pendant un entretien en farsi avec l’agence de presse semi-officielle Mehr publié mardi, la vice-présidente iranienne pour les Femmes et les Affaires familiales Shahindokht Molaverdi n’a pas mentionné le nom du village, ou précisé quand les exécutions avaient eu lieu, ou si elles avaient eu lieu toutes en même temps ou avaient été réparties dans le temps.

« Nous avons un village dans la province de Sistan et Baluchistan où chaque homme a été exécuté », a-t-elle déclaré, selon une traduction par le Guardian.

Elle a prévenu qu’en conséquence, la violence là-bas pourrait augmenter. « Leurs enfants sont des trafiquants de drogue potentiels puisqu’ils voudront se venger et fournir de l’argent à leurs familles. Il n’y a pas de soutien pour ces personnes. »

L’Iran est l’un des pays au onde qui recourt le plus à la peine de mort, se classant au deuxième rang après la Chine en 2014, selon les chiffres les plus récents d’Amnesty. La plupart des exécutions ayant lieu en Iran sont pour trafic de drogue.

Le pays est situé sur une route importante du trafic de narcotiques liant les champs de production d’opium en Afghanistan, à l’Europe. La province de Sistan et Baluchistan, où les exécutions en question ont eu lieu, est à la frontière de l’Afghanistan et du Pakistan et a été la scène de combats entre les trafiquants et la police.

« Si nous n’agissons pas contre ces personnes, le crime reviendra, a déclaré Molaverdi, citée par Euronews. La société est responsable des familles de ceux qui ont été exécutés. Bien que le programme de soutien familial ait été négligé pendant plusieurs années, il a à présent été relancé dans le cadre du sixième plan de développement national. »

Fin octobre, l’enquêteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’Homme en Iran, Ahmed Shaheed, a prévenu que les exécutions en Iran avaient augmenté à un « taux exponentiel » depuis 2005 et pourrait atteindre le chiffre de 1 000 en 2015.

Il a déclaré que l’Iran avait tué plus de personnes en proportion du nombre d’habitants que tout autre pays, ajoutant que la majorité des exécutions ne se conformait pas aux lois internationales interdisant la peine de mort pour les jeunes et les délinquants non violents.

Shaheed a déclaré que 69 % des exécutions des six premiers mois de 2015 auraient été liées à des crimes liés à la drogue, reflétant l’afflux accu de drogues et l’augmentation de l’usage de drogues dans le pays.