L’Iran n’a pas changé de comportement après l’accord international sur son programme nucléaire et la levée progressive des sanctions, a déploré mardi le chef des forces américaines au Moyen-Orient à la suite de l’annonce de nouveaux essais de missiles balistiques par Téhéran.

Les Etats-Unis et les Etats de la région « sont préoccupés » par les capacités de l’Iran en matière de missiles balistiques, a déclaré le général Lloyd Austin, le chef du Centcom (commandement des forces américaines au Moyen-Orient) devant la commission des forces armées du Sénat.

« L’Iran reste aujourd’hui un facteur de déstabilisation significatif » au Moyen-Orient, a-t-il déclaré.

Le département d’Etat américain a de son côté souligné que les Etats-Unis saisiraient l’ONU si les essais de missiles étaient avérés.

« Les Iraniens ont déjà montré qu’ils étaient prêts à violer de manière flagrante » les résolutions de l’ONU concernant leurs missiles balistiques, a indiqué le porte-parole du département d’Etat John Kirby.

« Si ces informations » sur des tests de missiles « sont exactes, nous saisirons l’ONU, comme nous l’avons déjà fait dans le passé », a-t-il indiqué dans un point presse.

Mais il a souligné également que ces tests « n’étaient pas une violation » de l’accord sur le nucléaire iranien.

Les autorités iraniennes ont annoncé mardi que l’Iran avait procédé à une série de tests de missiles balistiques en différents lieux de son territoire à partir de bases souterraines et à titre « dissuasif ».

Les Etats-Unis avaient annoncé le 17 janvier de nouvelles sanctions liées au programme de missiles balistiques de l’Iran.

Cette annonce était intervenue juste après la levée de la plupart des sanctions internationales, conformément à l’accord conclu en juillet 2015 entre Téhéran et les grandes puissances – dont les Etats-Unis – sur le programme nucléaire iranien.

Début janvier, la télévision iranienne avait montré les images d’une base souterraine contenant des missiles d’une portée de 1.700 kilomètres.

L’Iran avait effectué au moins un essai réussi de ce type de missile en octobre et, selon des experts de l’ONU, cela constituait une violation d’une résolution datant de 2010 interdisant l’utilisation par l’Iran de missiles balistiques de peur qu’ils ne soient dotés d’une tête nucléaire.

Selon le général Austin, les efforts iraniens pour élargir leur arsenal de missiles balistiques ne sont pas la seule cause de préoccupation.

« Les gens dans la région sont préoccupés par les capacités (des Iraniens) dans le cyber, leur aptitude à miner les détroits, et les activités nuisibles de la force Qods des Gardiens de la révolution », a-t-il dit.

« Il y a un certain nombre de choses qui me font penser personnellement que l’Iran n’a pas encore changé de direction » pour adopter un comportement « plus responsable », a-t-il dit.