L’Iran « ne fermera pas » le réacteur d’Arak, a affirmé mercredi à Tokyo le ministre iranien des affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif.

Le réacteur d’Arak, situé à 240 km au sud-ouest de Téhéran, est l’un des points d’achoppement des négociations nucléaires entre l’Iran et les grandes puissances, car il pourrait en théorie fournir à l’Iran du plutonium susceptible d’offrir une alternative pour la fabrication d’une bombe atomique.

Téhéran affirme que ce réacteur de 40 mégawatts, dont la construction est surveillée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), n’a qu’un but de recherche, notamment médicale.

Le ministre iranien a fait ces commentaires à l’issue d’une visite au Japon, un pays qui maintient des relations cordiales avec Téhéran.

Durant son séjour, le chef de la diplomatie iranienne s’est entretenu avec son homologue Fumio Kishida et le Premier ministre Shinzo Abe, et s’est voulu rassurant.

« Nous avons basé tous nos calculs sur le succès des négociations en cours. C’est la meilleure option pour tout le monde », a-t-il déclaré.

Dans le cadre de l’accord intérimaire de Genève conclu avec le groupe 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne), entré en application le 20 janvier, l’Iran a accepté de limiter ses activités pour la construction du réacteur d’Arak.

Il s’est engagé à ne pas construire d’usine de retraitement, nécessaire pour purifier le plutonium en vue de l’utilisation militaire redoutée par les grandes puissances et Israël, malgré les démentis de Téhéran.

Le ministre iranien a par ailleurs invité le Japon « à se rendre sur le terrain afin de voir par lui-même que le programme [nucléaire] iranien est absolument pacifique ».

Début décembre dernier, L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a inspecté l’usine de production d’eau lourde d’Arak dans le cadre d’un accord conclu entre Téhéran et l’agence onusienne pour faire la lumière sur la nature du programme nucléaire iranien.

Le 24 novembre 2013, l’Iran avait conclu avec les grandes puissances un plan d’action sur six mois, appliqué depuis le 20 janvier, prévoyant un gel de certaines activités nucléaires sensibles en échange de la levée d’une petite partie des sanctions qui étranglent son économie.

L’AIEA a indiqué lundi dernier que l’Iran avait mis en oeuvre les mesures prévues.

La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton est attendue samedi à Téhéran pour une visite, la première de ce niveau depuis 2008, consacrée à la relance des relations entre l’UE et Téhéran à la faveur de l’accord nucléaire appliqué depuis janvier