Un diplomate sud-coréen a été élu jeudi au poste de président du conseil exécutif de l’UNESCO, face à son collègue iranien, qui avait longtemps été pressenti favori.

Bien qu’Israël ait l’intention de quitter l’UNESCO, les résultats du vote ont été salués. Israël a indiqué que l’élection d’un Iranien à la tête d’une instance influente aurait limité la capacité d’Israël à y prendre des décisions.

Lee Byong Hyun, ambassadeur de la Corée du Sud à l’UNESCO, a battu Ahmad Jalali, qui, jusque récemment, a été le seul candidat en lice. Il a remporté l’élection à 32 voix contre 25, avec une abstention, au cours d’un vote secret.

« Les efforts de l’Occident, notamment de la part des États-Unis et d’Israël, pour créer une compétition avec l’Iran et pour freiner le contrôle de Téhéran au conseil exécutif, ont eu lieu en coulisses, et se sont révélés être un succès », a déclaré Carmel Shama-Hacohen, ambassadeur d’Israël à l’UNESCO.

Ahmad Jalali (UNESCO)

« Le futur d’Israël à l’UNESCO est toujours aussi flou, mais d’une manière ou d’une autre, la présidence iranienne au sein d’un organe qui discute et décide de propositions anti-Israël aurait mené à sa radicalisation, en plus de l’impossibilité pour les Américains et les Israéliens d’accéder à la présidence de la commission exécutive », a-t-il ajouté.

Le président du conseil exécutif de l’UNESCO dirige les discussions bi-annuelles de l’instance, s’assure du respect des procédures, octroie les droits à la parole, et décide des points à faire figurer à l’ordre du jour.

Il y a quelques semaines, avant le lancement de la 39e conférence générale de l’UNESCO à Paris, Jérusalem craignait qu’une « troïka islamique » ne s’empare de l’organisation.

« Sous certaines circonstances, une troïka islamique pourrait être créée, ce qui risquerait d’encourager l’organisation à aller vers davantage de politisation anti-Israël », avait déclaré Shama-Hacohen au début de l’année.

L’ambassadeur israélien à l’UNESCO Carmel Hacohen Shama, à droite, débat avec un diplomate palestinien durant la conférence générale de l’agence à Paris, au mois de novembre 2017 (Autorisation)

À part Jalali, qui devait présider le conseil exécutif, l’ambassadeur du Qatar, Hamd bin Adbulaziz al-Kawari étaient en lice pour le poste de directeur-général de l’UNESCO, mais a été battu par Audrey Azoulay, ancienne ministre de la culture française.

Cependant, un Marocain, Zohour Alaoui, a été élu à l’unanimité président de la 39e session de la Conférence générale de l’UNESCO pour le mandat 2017-2019.

Par ailleurs, le Bahreïn, récemment élu comme état-membre du conseil exécutif, animera la 42e session du Comité du patrimoine mondial, qui aura lieu durant l’été 2018, où la question de la Vieille Ville de Jérusalem et du Tombeau des Patriarches à Hébron sera abordée, sous l’égide de la diplomate Sheikha Haya Rashed al Khalifa.

En octobre, les États-Unis avaient annoncé leur décision de quitter l’UNESCO, invoquant des motifs financiers et le parti-pris anti-Israël de l’organisation. Ce retrait prendra effet en décembre 2018. Jérusalem a immédiatement annoncé qu’il emboîterait le pas aux États-Unis, bien que cette mesure n’ait pas encore été officialisée.