Des images satellites classées « secret défense » obtenues par des sources dans le gouvernement américain montrent que l’Iran a dépéché des buldozers et des machines lourdes sur le complexe nucléaire de Parchin, suggèrent fortement que l’Iran nettoie le site avant les inspections de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique cet automne.

La preuve, qui a été obtenue en juillet, a été présentée aux législateurs américains la semaine dernière, et lundi le Bureau du Directeur du Renseignement National a rencontré des politiciens pour expliquer sa signification, a annoncé Bloomberg News mercredi.

Richard Burr, le président du Comité du Sénat sur le Renseignement, a déclaré que la preuve constituait un défi aux inspections à venir de l’AIEA du complexe militaire de Parchine, un site suspecté d’être utilisé pour des expériences liées à la conception de technologie nucléaire de l’Iran.

Des détails de l’inspection du site ont été spécifiés dans l’accord entre l’AIEA et l’Iran auquel les Etats-Unis n’ont pas eu accès, mais le chef de l’agence atomique de l’Iran a nié l’existence d’un tel accord le mois dernier.

Des officiels du gouvernement américain étaient divisés sur la signification des peuvres, selon l’article de Bloomberg ; certains y ont vu une possible violation de l’accord sur le nucléaire obtenu le mois dernier, tandis que d’autres ont déclaré que cela n’interférerait pas avec les inspections.

« Je crois que c’est à l’administration de tirer leurs conclusions. Nous espérons que c’est quelque chose dont ils parleront puisque cela a été vérifié de nombreuses façons par des images. Et leurs actions semblent aller à l’encontre des valeurs de l’accord », a déclaré Burr à Bloomberg News.

Burr a ajouté que les images pourraient signifier que les inspecteurs ne pourraient pas voir le site tel qu’il existait avant les nettoyages présumés, la qualifiant de «grande préoccupation. »

Un haut responsable du renseignement américain a déclaré que bien qu’il ait été au courant « des efforts de désinfection » de l’Iran depuis que l’accord de Vienne a été signé, il croyait que l’équipe de l’AIEA serait encore en mesure d’inspecter correctement le site et de détecter les activités nucléaires passées.

Un autre responsable de l’administration a ajouté que la date limite du 15 octobre pour l’inspection n’a pas laissé assez de temps à l’Iran de nettoyer toutes les traces d’uranium enrichi, si cela est effectivement le travail qui se fait là-bas.

Le président de la commission des Affaires étrangères du Sénat Bob Corker a déclaré que bien qu’il a trouvé la preuve déconcertante, elle peut ne pas constituer une violation de l’accord nucléaire.

« Le rapport des services de renseignement est troublant pour moi … certaines choses qui s’y deroulent, en particulier d’une manière si flagrante, » a-t-il dit. « L’Iran va savoir ce que nous savons. »

David Albright, le président de l’Institut pour la science et la sécurité internationale, a déclaré que l’activité pourrait être «l’iltime effort de l’Iran pour éradiquer des preuves là-bas. »

« Le jour viendra où ils vont devoir laisser l’AIEA inspecter Parchine, de sorte qu’ils cherchent peut-être désespérément à achever la désinfection du site, » a-t-il ajouté.

Rebecca Shimoni Stoil a contribué à cet article.