L’Iran a salué lundi la décision de la Russie de lever l’interdiction de lui livrer des batteries antiaériennes S-300, estimant qu’elle pourrait assurer une « sécurité durable » dans la région.

« Le développement de la coopération bilatérale (avec la Russie) et avec les pays voisins dans des domaines variés peuvent être très efficaces pour la stabilité et la sécurité durable de la région », a dit le ministre de la Défense Hossein Dehghan, cité par l’agence officielle Irna, en parlant de « menaces extra-régionales et (de) développement des activités terroristes ».

Le Kremlin a annoncé lundi le décret présidentiel mettant fin aux limitations à la vente à l’Iran de ces équipements capables d’intercepter en vol des avions ou des missiles. Le contrat, signé en 2007, avait été dénoncé par l’ex-président Dmitri Medvedev, en application de la résolution 1929 de l’ONU sanctionnant Téhéran pour son programme nucléaire controversé.

L’annonce intervient alors que les négociateurs de l’Iran et des 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) ont jusqu’à fin juin pour tenter de régler les détails techniques et juridiques en vue de trouver un accord définitif qui mettrait fin à 12 ans de crise diplomatique internationale sur le programme nucléaire iranien.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a souligné que « les S-300 ont un caractère exclusivement défensif » et qu’ils ne « constituent aucune menace pour les Etats de la région, y compris évidemment pour Israël ».

Les Etats-Unis et Israël ont dénoncé cette décision. Le Pentagone a estimé qu’elle n’aidait « en rien », alors que le ministre israélien des Renseignements Yuval Steinitz a dit qu’elle était le « résultat direct de la légitimité accordée à l’Iran avec l’accord en cours de préparation » sur le nucléaire.