L’Iran est prêt à lancer un satellite en orbite dans les prochains jours, ce qui soulève des inquiétudes sur le développement potentiel par Téhéran de missiles balistiques intercontinentaux (MBI), ont annoncé des officiels du renseignement américains.

Selon des images satellites obtenues la semaine dernière par des experts du contrôle des armes, le Dr Jeffrey Lewis, Melissa Hanham et Catherine Dill, le centre spatial imam Khomeini, situé près de Semnan, dans le nord de l’Iran, se prépare activement pour un lancement le 1er ou le 2 mars.

Téhéran a diffusé une notice aux aviateurs les avertissant de s’éloigner de la zone pendant ces deux jours, a noté mercredi dernier Lewis sur son blog, Arms Control Wonk.

Il a déclaré que les images montraient que des constructions sur le site avaient été récemment achevées, et révélaient également que l’infrastructure pour le soutien et le service pré-lancement était maintenant sur l’aire de lancement, suggérant que la fusée est actuellement remplie de carburant.

La fusée placée sur le site, appelée Simorgh (phœnix en farsi), est conçue pour amener une charge de 100 kilogrammes à une orbite de 500 kilomètres.

La Simorgh, a noté Lewis, a précédemment inquiété Washington puisque sa technologie « peut être utilisée pour des véhicules de type MBI ».

Alors que la Simorgh en elle-même n’est pas un MBI, Lewis dit que la technologie démontre les technologies essentielles nécessaires pour porter une arme de type MBI.

En octobre dernier, l’Iran a annoncé avoir testé « avec succès » la Simorgh – qui, selon Téhéran, a une portée de 1 700 kilomètres – et dans le mois a fait parader une maquette de la nouvelle fusée pendant un rassemblement dans la capitale.

Dans un autre poste, Lewis discréditait un reportage de 2015 de la Deuxième chaîne, dans lequel il affirmait que le site de lancement terminé était une « fausse alarme ». Il a déclaré que les images satellites obtenues par la télévision israélienne en janvier 2015 montraient des structures temporaires qui ont probablement été utilisées pour la construction, et pas pour le produit fini.

Pendant les célébrations marquant la Révolution islamique iranienne de 1979 qui ont eu lieu à Téhéran le 11 février, les Gardiens de la révolution iraniens ont présenté des imitations de matériel militaire fabriqué en Iran, y compris la Simorgh.

Beaucoup de personnes ont pris des selfies avec le missile, a annoncé l’agence de presse semi-officielle ISNA.

L’affirmation de projets d’un satellite iranien arrive juste après un lancement réussi de la Corée du Nord, et quelques semaines après la finalisation par l’Iran d’un accord nucléaire avec les grandes puissances mondiales qui a levé les sanctions économiques handicapantes en échange d’un recul de la République islamique sur son programme nucléaire.

Dans le cadre de l’accord, l’Iran ne peut pas développer de missiles balistiques capables de porter une tête nucléaire. Cependant, Téhéran a déclaré que son programme de missiles balistiques n’était pas lié à l’accord historique.

L’Iran affirme qu’il possède des missiles balistiques d’une portée de 2 000 kilomètres, qui sont capables de frapper à la fois Israël et son rival régional l’Arabie saoudite. Ces dernières semaines, de hauts fonctionnaires iraniens ont annoncé que Téhéran avait doublé ses efforts pour développer ses capacités de missiles balistiques.

Le 17 janvier, les Etats-Unis ont annoncé de nouvelles pénalités liées au programme de missiles balistiques de l’Iran, malgré la levée des mesures punitives liées à ses activités atomiques.