L’Iran a testé son nouveau système antimissiles Bavar 373, comparable au S-300 russe, qui sera livré aux forces armées d’ici mars 2018, la télévision d’Etat montrant également dimanche une base « secrète » de drones d’observation et de combat.

« Tout le système a été complété et les tests menés », a annoncé le commandant de la défense antiaérienne, le général Farzad Esmaïli cité par le site de la télévision d’Etat.

« Ce système est totalement fabriqué en Iran et certaines parties sont différentes du S-300 », a-t-il ajouté en précisant que les Iraniens voulaient l’utiliser « parallèlement au S-300 » russe.

L’Iran avait décidé de se lancer dans le projet de construction de Bavar 373 lorsque la Russie avait suspendu en 2010 un contrat conclu trois ans plus tôt en vue de fournir le système S-300.

Un camion militaire iranien transporte des morceaux du système de défense aérienne S-300 pendant la parade militaire annuelle marquant le début de la guerre Iran - Irak, à Téhéran, le 21 septembre 2016. (Crédit : Chavosh Homavandi/AFP)

Un camion militaire iranien transporte des morceaux du système de défense aérienne S-300 pendant la parade militaire annuelle marquant le début de la guerre Iran – Irak, à Téhéran, le 21 septembre 2016. (Crédit : Chavosh Homavandi/AFP)

Cette suspension du contrat faisait suite à des sanctions imposées par l’ONU pour pousser Téhéran, accusé de chercher à se doter de l’arme atomique, à cesser ses activités nucléaires sensibles.

La conclusion en juillet 2015 d’un accord historique entre l’Iran et les grandes puissances a permis la levée progressive de ces sanctions après que Téhéran se fut engagé à garantir la nature exclusivement pacifique de son programme nucléaire.

Dans ce contexte, Moscou a de nouveau autorisé la livraison des composants du système S-300 et le dispositif a été installé sur le territoire iranien, notamment pour protéger les sites nucléaires.

L’Iran avait montré pour la première fois en août 2016 le système de défense anti-aérien Bavar 373, témoignant de sa détermination à développer ses capacités militaires malgré les inquiétudes de l’Occident.

Les Etats-Unis et les pays européens (France, Royaume-Uni et Allemagne) demandent à l’Iran de ne pas développer son programme de missiles.

Le général Amir Hatami, ministre iranien de la Défense, en août 2017. (Crédit : Tasnim News Agency/CC BY 4.0/WikiCommons)

Le général Amir Hatami, ministre iranien de la Défense, en août 2017. (Crédit : Tasnim News Agency/CC BY 4.0/WikiCommons)

Samedi, le nouveau ministre de la Défense, le général Amir Hatami, a affirmé que l’Iran avait « un plan spécifique pour développer la capacité des missiles » du pays.

« Si Dieu le veut, les capacités de combat des missiles balistiques et de croisière de l’Iran vont augmenter » prochainement, a-t-il affirmé.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Téhéran.

Suite à de récentes sanctions américaines contre l’Iran, le Parlement iranien a voté mi-août un accroissement significatif des moyens financiers du programme balistique de la République islamique.

Par ailleurs, la télévision iranienne a montré dimanche une base « secrète » avec des dizaines de drones opérationnels et d’observation, situé en plein désert iranien.

« Si nécessaire, un nombre considérable d’aigles rapides [drones, ndlr] frapperont le corps de l’ennemi », a déclaré le général Esmaïli depuis cette base.

Les Etats-Unis ont affirmé que deux incidents avaient été évités de justesse en août entre des drones iraniens et des forces aéronavales américaines dans la région du Golfe.

L’Iran a développé ces dernières années de nombreux drones d’attaques et d’observation, un programme régulièrement critiqué par les Etats-Unis.