L’Iran va bientôt importer 130 tonnes d’uranium après le feu vert des pays du groupe 5+1 qui avaient conclu en 2015 un accord sur son programme nucléaire, a indiqué jeudi le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique.

Les membres de la commission commune sur l’accord nucléaire, qui comprend l’Iran et les pays du groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Chine, Russie et Allemagne) « ont accepté notre demande pour l’achat de 130 tonnes d’uranium » naturel, a déclaré Behrouz Kamalvandi à la télévision d’état, sans préciser quel était le pays fournisseur.

Il a ajouté que depuis l’accord nucléaire entré en vigueur en janvier 2016, l’Iran avait déjà « importé 220 tonnes d’uranium », soit un total de 350 tonnes, ce qui « constitue de bonnes réserves » pour le programme nucléaire du pays.

L’Iran aura besoin de davantage de stock d’uranium pour faire passer son programme nucléaire à un stade « industriel », a-t-il précisé en ajoutant que Téhéran menait actuellement des travaux d’exploration à travers le pays pour découvrir de nouvelles mines d’uranium mais voulait aussi en importer de l’extérieur.

L’Iran et les grandes puissances se sont réunis mardi à Vienne pour faire le point sur l’accord nucléaire conclu en juillet 2015, dans un contexte d’incertitudes liées à l’entrée en fonction du président élu américain Donald Trump, qui a vivement critiqué ce texte.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry en face du ministre iranien des Affaires étrangères Mohammed Javad Zarif pendant la négociation de l'accord nucléaire iranien, le 1er juillet 2015, à Vienne, en Autriche. (Crédit : département d'État)

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry en face du ministre iranien des Affaires étrangères Mohammed Javad Zarif pendant la négociation de l’accord nucléaire iranien, le 1er juillet 2015, à Vienne, en Autriche. (Crédit : département d’État)

Avec cet accord, Téhéran a accepté de limiter son programme nucléaire durant une période d’environ 10 ans en contrepartie de la levée d’une partie des sanctions internationales.

Kamalvandi a également démenti les informations de la presse selon lesquelles l’Iran avait accepté de réduire le volume de son stock d’uranium faiblement enrichi à moins de 300 kg conformément à l’accord.

Dans le document de la commission commune entre l’Iran et les grandes puissances, un accord a été conclu sur « la manière de calculer le stock d’uranium » faiblement enrichi que l’Iran peut avoir, a-t-il déclaré.

« Selon ce document, il n’est pas question que nos réserves soient inférieures à 300 kilogrammes, bien au contraire », a-t-il souligné.

Il a affirmé que l’accord permettait à l’Iran de nettoyer ses installations nucléaires qui, selon les estimations, contiennent environ 100 kilogrammes de « sédiments » d’uranium faiblement enrichi. « De fait, nous avons 100 kilogrammes de capacités supplémentaires de production », a-t-il précisé.