L’Iran va créer un réseau de téléphonie mobile et un terminal pétrolier en Syrie dans le cadre d’une série d’accords de coopération signés mardi lors de la visite à Téhéran du Premier ministre syrien Imad Khamis, a rapporté l’agence officielle Irna.

Les deux pays ont conclu cinq accords concernant l’octroi d’une licence à un opérateur iranien de téléphonie mobile, la cession de 5 000 hectares pour créer un terminal pétrolier et de 5 000 autres hectares de terres agricoles en Syrie.

« L’Iran soutient le gouvernement et le peuple syriens », a déclaré Es-Hagh Jahanguiri, le premier vice-président iranien lors d’un point de presse avec Khamis.

« Les récentes victoires en Syrie [reprise totale d’Alep, ndlr] sont dues aux exploits et à la résistance du peuple, de l’armée syrienne et des forces de la résistance et de la coopération politique sur le terrain entre l’Iran et la Syrie », a ajouté Jahanguiri. La visite de Khamis ouvre « une nouvelle page pour les activités économiques entre les deux pays », selon lui.

L’un des cinq accords prévoit que l’Iran exploitera les mines de phosphate d’Al-Shargiya, situées à une cinquantaine de kilomètres au sud de la ville antique de Palmyre, tombées aux mains du groupe Etat islamique en 2015.

Les ruines de la "Cella" du Temple de Bel dans la ville syrienne antique de Palmyre, qui a été détruit par les jihadistes de l'Etat islamique. Photographie prise le 31 mars 2016. (Crédit : Joseph Eid/AFP)

Les ruines de la « Cella » du Temple de Bel dans la ville syrienne antique de Palmyre, qui a été détruit par les jihadistes de l’Etat islamique. Photographie prise le 31 mars 2016. (Crédit : Joseph Eid/AFP)

Khamis a déclaré qu’il y aurait aussi un sixième accord pour « des investissements iraniens dans un des ports syriens », sans donner plus de précisions.

Le Premier ministre, à la tête d’une importante délégation économique, devait également s’entretenir avec Ali Shamkhani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale (CSSN) chargé de la coordination des actions politiques, sécuritaires et militaires avec la Russie et la Syrie.

L’Iran est le principal soutien régional de la Syrie. Téhéran apporte une aide financière, politique et militaire à l’armée syrienne en envoyant notamment sur place des « conseillers militaires » et des « volontaires » qui se battent contre les rebelles armés.

L’Iran parraine également aux côtés de la Russie et de la Turquie les négociations d’Astana prévues le 23 janvier pour un règlement du conflit en Syrie. Cette initiative tripartite intervient sur fond de désengagement des Etats-Unis du dossier syrien et après la victoire hautement symbolique du régime de Bashar el-Assad qui a pris en décembre le contrôle total d’Alep au terme de quatre ans de combats acharnés.

« Ce qui est important c’est que les groupes [rebelles] actifs en Syrie ont accepté l’invitation de ces trois pays de négocier à Astana, cela veut dire que le premier pas a été réussi », a déclaré le président iranien Hassan Rouhani à propos de ces pourparlers, lors d’une conférence de presse à Téhéran.

Le président iranien Hassan Rouhani s'exprime devant le parlement après la levée des sanctions par l'accord nucléaire, à Téhéran, le 17 janvier 2016. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Le président iranien Hassan Rouhani s’exprime devant le parlement après la levée des sanctions par l’accord nucléaire, à Téhéran, le 17 janvier 2016. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Astana doit selon lui permettre à ces groupes « de s’entendre avec le gouvernement syrien sur les premiers pas. Si cela réussit, il faudra continuer. »

« L’Iran veut que le cessez-le-feu continue, que les négociations continuent, que la guerre contre Daesh [acronyme en arabe du groupe Etat islamique] et le Front al-Nosra continue, pour que la Syrie parvienne à une stabilité et une paix ouvrant la voie à une véritable élection », a-t-il affirmé.