L’Iran veut lancer une ligne maritime directe avec la Syrie pour augmenter les échanges commerciaux entre les deux pays alliés, ont rapporté mercredi les médias iraniens.

Téhéran est le principal soutien régional du régime de Bashar el-Assad, en guerre contre des rebelles depuis quatre ans.

L’Iran apporte un soutien militaire aux forces régulières mais dément avoir déployé des troupes en Syrie. Le président Assad a récemment affirmé à la chaîne de télévision France 2 que « des commandants et des officiers vont et viennent entre les deux pays conformément à la coopération existant entre nous depuis bien longtemps. C’est différent que de participer aux combats ».

La République islamique est également un bailleur de fonds important de la Syrie dont l’économie, exsangue, est soumise à un embargo international. En 2013, Téhéran avait ouvert pour Damas trois lignes de crédit pour un total de 7,6 milliards de dollars.

« Une ligne maritime directe peut aider à augmenter le commerce entre les deux pays qui est actuellement d’un milliard de dollars », a déclaré Ali Kazemeini, l’attaché commercial de l’ambassade d’Iran à Damas à une délégation syrienne en visite à Téhéran.

Par ailleurs, le ministre iranien de la Défense Hossein Dehghan a réaffirmé le soutien de l’Iran à la Syrie en recevant à Téhéran son homologue syrien, le général Fahd el-Freij.

L’Iran « sera aux côtés de la nation et du gouvernement syriens jusqu’à la destruction des racines de la tumeur cancéreuse (…) du terrorisme et de la violence », a déclaré le général Dehghan, cité mercredi par les médias.

Téhéran qualifie de terroristes tous les groupes rebelles syriens et accuse les pays occidentaux, les monarchies arabes du Golfe et la Turquie de les soutenir pour renverser le président Assad.

Le ministre syrien de la Défense a souhaité quant à lui « un renforcement de la coopération en matière de défense » entre l’Iran et son pays.

Cette visite intervient alors que l’armée syrienne a enregistré plusieurs revers militaires dans le nord et le sud du pays face à la rébellion, des succès qualifiés de « propagande médiatique » par le régime.

Syrie : Mogherini souhaite que Téhéran facilite une transition

La chef de la diplomatie de l’Union européenne Federica Mogherini a souhaité mardi que l’Iran joue un « rôle majeur » en Syrie en « persuadant le régime syrien de participer à une transition » politique.

Mme Mogherini a indiqué qu’elle aborderait cette question lors d’une rencontre mardi soir avec le ministre iranien des Affaires étrangères Mohamad Javad Zarif. Celui-ci se trouve lui aussi à New York pour la conférence de suivi du Traité de non-prolifération nucléaire.

La discussion avec M. Zarif portera essentiellement, a-t-elle précisé, sur le programme nucléaire controversé de Téhéran et la manière de compléter avant le 30 juin l’accord-cadre conclu le 2 avril à Lausanne (Suisse).

Mme Mogherini « s’attend à des conversations fructueuses » à ce sujet, notamment sur la question de la levée des sanctions contre Téhéran, un des points d’achoppement.

« Nous parlerons aussi des crises régionales et du rôle que l’Iran peut jouer de manière constructive pour trouver une solution en Syrie », a-t-elle déclaré à la presse.

Elle a estimé qu’un accord sur le nucléaire pourrait « ouvrir la voie à un rôle différent pour l’Iran dans la région ».

« Nous appelons l’Iran à jouer un rôle majeur mais positif pour persuader le régime (syrien) de participer à une transition menée par les Syriens eux-mêmes », a-t-elle expliqué.

Elle a réaffirmé que l’Union européenne « soutenait pleinement » les efforts du médiateur de l’ONU Staffan de Mistura. Celui-ci doit entamer début mai des consultations à Genève avec tous les protagonistes du conflit syrien et l’Iran a été invitée à ces consultations.

Mme Mogherini a indiqué aussi avoir eu une série de contacts à l’ONU avec des pays du Conseil de sécurité avant de rencontrer mercredi à Washington son homologue américain John Kerry et de « se rendre en Chine la semaine prochaine ».

L’enjeu pour l’UE est d’obtenir un feu vert du Conseil pour intervenir par la force contre les passeurs et les trafiquants responsables de la noyade de milliers de migrants en Méditerranée.

Elle a cependant souligné que cette opération devait se dérouler « en pleine conformité avec les lois internationales » et a refusé de se prononcer sur le temps que pourrait mettre le Conseil à donner son aval.

« Il n’appartient pas à l’UE de fixer le calendrier du Conseil », a-t-elle déclaré.

Ella a tenu à souligner que toute opération pour endiguer l’afflux des migrants qui passent par la Libye devait être menée « en partenariat » avec les autorités libyennes. « Rien dans ce que prépare l’UE n’est dirigé contre le peuple libyen ou les autorités libyennes », a-t-elle affirmé.