La ministre de la Justice Tipzi Livni a appelé jeudi à une action contre les éléments « terroristes » en Israël, expliquant que les militaires étaient autant responsables de la lutte contre le terrorisme palestinien, que la police était responsable de la lutte du terrorisme « intérieur » ou juif.

« Nous ne devons pas nous laisser troubler. Nous ne devons laisser aucun citoyen faire sa loi, même dans ces moments difficiles », a-t-elle déclaré lors d’une conférence d’Israel Bar Association [Association du barreau d’Israël] à Eilat.

Même si elle a salué la solidarité et l’empathie que la société israélienne a montré aux familles des trois jeunes juifs qui ont été enlevés et tués en Cisjordanie, Livni a déclaré qu’un visage moins agréable a également été dévoilé dans les « jours difficiles » qui ont suivi l’annonce de leur décès : des « voix laides appelant à la violence, des rassemblements pour la vengeance dans les rues, des graffitis malveillants contre les Arabes et la violence arabe contre des policiers »

Mettant en garde contre l’atmosphère volatile au Moyen-Orient, où « n’importe qui peut gratter l’allumette qui enflammera toute la région », a déclaré Livni. Ce sont « des temps difficiles pour la société israélienne dans son ensemble », aussi bien pour les Juifs que pour les Arabes.

« Je crois en la société israélienne », affirme-t-elle. « [Mais] je crois que le rôle du ministre de la Justice est d’aider la société israélienne à ne pas déroger à ses principes fondateurs, à la fois à travers des déclarations et par l’application déterminée et impartiale de la loi ».

Livni a indiqué qu’elle ne voulait pas discuter « des circonstances de l’assassinat du garçon arabe à Jérusalem », alors que la police enquête toujours sur l’affaire.

« J’ai confiance en la police, et je reçois des informations mises à jour sur l’évolution de l’enquête. Quoi qu’il en soit, les choses n’ont pas à en venir aux meurtres pour que cela soit choquant. Il suffit de voir ce qui se passe dans les médias sociaux – qui sont devenus une plate-forme violente et dangereuse pour inciter [les gens à la haine] ».

Ce genre d’incitation, affirme-t-elle, est l’antithèse du sionisme.

« J’entends et je vois des messages d’incitation et des appels à la vengeance. Ce n’est pas la voie du sionisme ; ce n’est pas la voie de l’Etat d’Israël. Nous ne devons pas laisser l’extrémisme l’emporter. Nous ne devons pas permettre aux terroristes de dicter l’ordre du jour et nous faire dévier de notre boussole morale », a déclaré Livni.

« Nous ne devons pas laisser les extrémistes de chez nous nous ramener à la faillite morale. Nous ne devons pas nous laisser entraîner par leurs discours démagogiques et passionnés. Oui, les meurtres sont odieux, méprisables et douloureux. Mais à la différence des organisations terroristes, Israël est un État de droit, une démocratie qui dispose d’un système juridique respectable, une force de police et une armée. Le travail de l’armée est d’agir contre le terrorisme extérieur, et celui de la police est d’agir contre le terrorisme intérieur ».

Livni a ajouté qu’Israël continue de faire face à de graves menaces, notamment provenant du Hamas.

« Ce sont des jours difficiles. Nous avons enterré nos jeunes adolescents enlevés, et nous continuons à être visés par les tirs de la bande de Gaza contre les citoyens israéliens », a-t-elle noté.

« Le Hamas est une organisation terroriste avec laquelle il n’y a aucun espoir de paix – nous avons un conflit permanent avec lui qui n’a pas commencé aujourd’hui et qui ne se finira pas demain, mais Israël est assez fort pour le gérer ».