La chef des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens, Tzipi Livni, a critiqué le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ce samedi 25 janvier.  Elle déclare que si l’homme conserve ses « positions inacceptables », les Palestiniens en subiraient les conséquences.

S’exprimant dans une interview donnée à Channel 2, Tzipi Livni signale que les positions de Mahmoud Abbas sont « non seulement inacceptables pour nous, mais pour le monde entier, et s’il continue à s’y tenir, alors les Palestiniens en payeront le prix. »

Mahmoud Abbas a récemment déclaré qu’aucun accord de paix ne serait possible sans que l’ensemble de Jérusalem-Est (y compris la vieille ville) ne fasse partie de la capitale palestinienne.

Il a fermement refusé de reconnaître la définition d’Israël comme l’Etat du peuple juif. Il a également exigé le droit au retour des réfugiés palestiniens et de leurs descendants en Israël.

L’avertissement de Tzipi Livni est extrêmement inhabituel. Elle a en effet longtemps accepté publiquement Mahmoud Abbas comme partenaire pour un mandat de paix viable. Elle fait ici référence à des déclarations faites par le secrétaire d’Etat américain John Kerry ce vendredi 24 janvier.

S’exprimant au Forum économique de Davos, John Kerry a déclaré : « Si [les Palestiniens] ne parviennent pas à obtenir un Etat maintenant, il n’y a aucune garantie qu’une autre occasion se présente prochainement. »

Il a également souligné que, pour que les négociations aboutissent à des résultats, les dirigeants des deux côtés devront faire « des décisions courageuses et nécessaires pour la justice et le bon fonctionnement. »

Tzipi Livni espère qu’Israël et les Palestiniens parviendront à un accord d’ici trois mois, celles-ci ayant débuté en juillet 2013. John Kerry et les deux camps ont convenu d’une période de négociation de neuf mois, qui se termine en avril. Ce dernier tente maintenant de mettre au point un « accord-cadre » qui servirait de base aux discussions qui s’étendraient au-delà du délai initial des neuf mois.

La ministre de la Justice mentionne les faibles attentes de la population israélienne quant à un éventuel accord de paix issu des négociations. Elle souligne ainsi : « Le rôle d’un dirigeant est de créer une réalité et ne pas être influencé par les sondages. » Selon un récent sondage effectué par Channel 2, 87 % de la population israélienne estime que les négociations de paix n’auront pas de succès.

John Kerry a fait allusion aux dispositions possibles d’un accord-cadre dans son discours au Forum économique mondial, du vendredi 24 janvier.

Les objectifs étant, « un Etat indépendant pour les Palestiniens où qu’ils soient, des dispositifs de sécurité pour Israël, un retrait définitif progressif et complet de l’armée israélienne, une résolution juste du problème des réfugiés palestiniens, la fin du conflit et de toutes réclamations et la reconnaissance mutuelle de l’Etat-nation du peuple palestinien et l’Etat-nation du peuple juif. »

Tzipi Livni, dirigeante du parti centriste Hatnua, semblait également contredire les déclarations faites par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Davos.

En effet celui-ci a affirmé qu’il n’a « pas l’intention d’évacuer toutes les colonies, » et n’a « pas l’intention de déraciner un seul Israélien. » Il n’est pas clair, pour autant de savoir si Netanyahu faisait allusion à toutes les colonies ou seulement celles situées en Cisjordanie.

« La plupart des Israéliens vivent dans des blocs situés dans les colonies, qui feront partie de l’Etat d’Israël à l’avenir, et ils resteront dans leurs maisons, » a déclaré Tzipi Livni. « En ce qui concerne le reste, nous menons un dialogue. »