Les Israéliens qui rejoignent les groupes rebelles qui embrassent les philosophies islamistes radicales pourront être poursuivis en vertu d’une loi antiterroriste qui va bientôt être présentée, a annoncé la ministre de la Justice mercredi soir.

Cette loi interdira la participation des Israéliens aux activités d’une organisation armée non étatique d’un pays étranger et prévoit une peine de trois ans de prison.

« Cette loi rendra possible le jugement de tout citoyen israélien qui prendra part à une organisation terroriste par idéologie fanatique islamique », explique Livni.

« Ils seront jugés car c’est ce qu’il faut faire pour nous défendre contre le terrorisme. C’est ce que chaque nation occidentale fait aujourd’hui ».

La ministre de la Justice indique que cette initiative est une réponse au phénomène croissant des Israéliens qui se joignent aux activités ou aux entrainements des forces rebelles en Syrie, parfois sous les auspices de groupes terroristes. Le ministère a noté que cette tendance est une menace sécuritaire pour Israël et serait susceptible de générer une infrastructure terroriste à l’intérieur de l’Etat.

Le ministère de la Défense déterminera quel groupe sera mis sur la liste noire en vertu de la loi. Cette décision sera prise en concertation et en accord avec le ministère des Affaires étrangères et la commission de la législation de la Knesset.

Livni a fait ces déclarations lors d’un évènement organisé par son parti Hatnua pour la nouvelle année juive, qui tombe un peu plus tard dans le mois.

La semaine dernière, le quotidien Israël Hayom a révélé que selon les sources des services de sécurité du Shin Bet, 10 Arabes israéliens ont quitté le pays pour aller se battre avec le groupe de l’Etat islamique.

L’EI a conquis de vastes pans d’Irak et de Syrie où il réprime l’opposition en exécutant les prisonniers.

En mai, le Shin Bet a annoncé que des citoyens arabes de la ville de Hura du Néguev avaient été arrêtés fin avril pour avoir aidé des membres de leur famille à quitter Israël et à entrer en Syrie pour rejoindre les rangs de l’Etat islamique.

Plus tôt cette semaine, le commissaire de police Yohanan Danino a indiqué que la police était déterminée à ne pas permettre aux jeunes personnes d’être influencées par les messages des groupes extrémistes islamiques.

Danino affirme que même si l’EI n’a pas encore physiquement franchi les frontières d’Israël, son influence pourrait s’étendre au-delà des frontières grâce à Internet.

Les commentaires du commissaire ont été prononcés quelques jours après que le ministre Moshe Yaalon, suivant les recommandations du Shin Bet, a désigné l’Etat islamique comme une « organisation illégale » en vertu de la loi israélienne.

Yaalon a aussi placé les brigades d’Abdullah Azzam, groupe affilié à Al-Qaïda, dans la même catégorie.