La ministre de la Justice Tzipi Livni, chargée des négociations côté israélien, a souligné que son gouvernement « suspendait » les pourparlers et que « la porte n’a pas été fermée ».

Selon elle, les mesures punitives envisagées ont été bien « calculées » et ne provoqueront « pas un effondrement de l’Autorité palestinienne ».

Erekat a de son côté blâmé Israël pour l’échec des négociations. « Le gouvernement Netanyahu a été appelé pendant des années à choisir entre la paix et les colonies et il a choisi celles-ci ».

Le responsable palestinien a ajouté que l’Autorité palestinienne allait examiner « toutes les options » en réponse aux décisions d’Israël.

La direction de l’OLP doit se réunir ce week-end en Cisjordanie. Parmi les options possibles, elle pourrait choisir d’adhérer à de nouveaux traités et organisations internationaux.

Ce n’est pas la première fois que les frères ennemis palestiniens annoncent la formation imminente d’un gouvernement de consensus.

Le Hamas, au pouvoir à Gaza, et le Fatah qui a son QG en Cisjordanie, avaient signé des accords similaires en 2011 et 2012 qui n’ont pas été appliqués.

Erekat a aussi accusé Israël de « vol » après que ce pays a gelé le transfert des taxes qu’il perçoit pour le compte de l’Autorité en représailles aux dernières demandes d’adhésion de la Palestine à 15 traités et conventions internationaux.

« Cet argent nous appartient (…) La décision de bloquer des fonds palestiniens est du vol et de la piraterie que la communauté internationale doit stopper », a-t-il dit.

Abbas parle aux Américains

Le président de l’Autorité palestinienne devait commencer ses consultations pour former le « cabinet de consensus » qu’il dirigera et qui sera composé de personnalités indépendantes.

Il a reçu l’émissaire américain Martin Indyk dont le pays a exprimé sa « déception » après l’accord inter-palestinien et a eu un entretien téléphonique avec M. Kerry.

A l’étranger, la Turquie et la Tunisie ont salué l’accord inter-palestinien, et le chef de la Ligue arabe Nabil al-Arabi a affirmé le soutien de son organisation à M. Abbas face « aux pressions israéliennes ».

L’UE a aussi salué l’accord inter-palestinien mais relevé que la priorité était la poursuite des négociations avec Israël. La France s’est dite prête à travailler avec un cabinet palestinien s’il soutient le processus de paix.

L’ONU a fait savoir qu’elle soutenait l’unité palestinienne sur la base de la reconnaissance d’Israël et de la non-violence.

Selon Jibril Rajoub, un proche de Abbas, le « cabinet de consensus proclamera de façon claire et nette qu’il accepte les conditions du Quartette » pour le Proche-Orient qui exige du Hamas qu’il reconnaisse Israël et renonce à la lutte armée.