Les politiciens de l’aile droite fustigent la présidente de Hatnua Tzipi Livni samedi suite à des rapports selon lesquels elle aurait demandé au secrétaire d’Etat américain John Kerry de retarder le vote sur la candidature de la Palestine au Nations unies, de peur que celui-ci ne renforce la droite israélienne.

Selon une déclaration du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu « les vrais visages de Tzipi et Boujie [Isaac Herzog] ont été démasqués. Immédiatement après les élections, ils ont l’intention de se replier et de permettre la création d’un second Hamastan en Judée-Samarie ».

Selon la politique étrangère, Livni aurait émis cette recommandation avec l’ancien président Shimon Peres.

Le chef de HaBayit HaYehudi Naftali Bennett a déclaré que « Tzipi Livni a atteint les fonds de la subversion politique. Dans le dos du gouvernement au pouvoir, elle gère les activités qui nuiront à Israël, et tout cela dans le but de nuire à ‘Bibi / Bennett’. Avec tout le respect, les intérêts de Mme Livni n’ont pas la priorité sur ceux de l’Etat, et la demande d’organiser une attaque contre Israël traverse une ligne rouge. »

Le résident des implantations Danny Dayan, condidat à la députation sur la liste de HaBayit HaYehudi, accuse Livni de « retourner sa veste pour apaiser les Américains et ses partenaires politiques ».

Livni, qui s’est alliée avec le parti travailliste de Herzog avant les élections de mars, a déclaré qu’elle était fière de sauvegarder les intérêts israéliens à l’ONU en ayant persuadé les États-Unis de bloquer le vote du Conseil de sécurité sur la reconnaissance d’un Etat palestinien.

Une déclaration conjointe publiée par les travaillistes et Hatnua samedi énonçait : « Livni s’est [toujours] opposée à toute tentative des Palestiniens d’imposer une nouvelle réalité à Israël en prenant des mesures unilatérales. C’est sa position en public et en privé devant les Américains, et c’est sa position aujourd’hui. »

« Livni est fière de préserver les intérêts israéliens clés au Conseil de sécurité. Les intérêts sécuritaires d’Israël peuvent être sauvegardés avec une bonne politique, qui ne peut être appliquée que si Herzog et Livni formeront le prochain gouvernement de coalition », poursuit la déclaration.

La politique étrangère a rapporté que lors d’un déjeuner annuel avec les 28 ambassadeurs de l’Union européenne, Kerry a déclaré qu’un vote de l’ONU avant les élections israéliennes ne profiterait pas aux détracteurs du processus de paix, comme Netanyahu et Bennett. Kerry a également laissé entendre lors de l’assemblée que les États-Unis soutiendront une résolution du Conseil de sécurité avec un libellé approprié, sans toutefois détailler.

Kerry a déclaré que les Etats-Unis n’autoriseront pas un vote de la résolution avant les élections israéliennes, prévues pour le 17 mars, selon le rapport.

« Kerry a été extrêmement clair sur le fait que pour les États-Unis, débattre de tout texte avant la fin des élections israéliennes n’entrait pas en jeu », a déclaré un diplomate européen.

Selon le diplomate, Kerry a parlé d’une mise en garde de Livni et de Peres qu’un vote favorable de l’ONU « imposé par la communauté internationale renforcerait Benjamin Netanyahu et la ligne dure en Israël ».

D’après un autre diplomate européen, Kerry laisse entendre que l’action de l’ONU « donnerait plus d’impulsion à plusieurs partis de droite et pourrait encore enhardir les forces plus à droite du spectre politique israélien ».

Et de poursuivre que les Etats-Unis sont restés trop « vagues » sur les mesures qui pourraient être prises au Conseil de sécurité après les élections israéliennes.

Kerry aurait déclaré en public et en privé que Washington a rejeté « toutes les initiatives qui pourraient interférer avec les élections israéliennes ».

Jeudi, les Etats-Unis ont déclaré qu’ils ne soutiendraient pas la résolution actuelle proposée par les Palestiniens définissant les modalités d’une reconnaissance et d’un retrait israélien aux lignes d’avant 1967.

Washington a vu circuler le texte d’un projet de résolution au Conseil de sécurité des Nations unies et « nous n’y serions pas favorables », a déclaré la porte-parole du département d’Etat Jen Psaki aux journalistes.

« Nous ne soutiendrons aucune action qui préjugerait de l’issue des négociations et fixerait un délai précis au retrait des forces », a-t-elle dit.

Psaki a spécifié que les Palestiniens « ne font pas pression pour un vote pour l’heure », précisant qu’il est peu probable que la mesure soit bientôt soumise à un vote.

La Jordanie a présenté la mesure mercredi au Conseil de sécurité des Nations unies au nom des Palestiniens, qui ont affirmé être ouverts à des négociations sur le contenu du texte.

Times of Israel, AFP et JTA ont contribué à cet article