Tzipi Livni, la co-dirigeante du parti de l’Union sioniste, a dénoncé la volonté du Premier ministre Benjamin Netanyahu de prononcer son discours au Congrès, dans des remarques tenues avec de rendre visite aux officiels des organisations juives américaines jeudi.

Elle a aussi déclaré que si elle était élue, elle travaillerait à la création d’un Etat palestinien, en résolvant ainsi le problème des réfugiés palestiniens, un point d’achoppement dans les négociations entre Israël et l’Autorité palestinienne.

S’exprimant devant une délégation de la Conférence des Présidents des Principales Organisations Américaines Juives, Livni a présenté sa plate-forme politique de parti, évoqué des préoccupations sécuritaires d’Israël et critiqué Netanyahu pour son discours controversé devant le Congrès américain prévu pour le 3 mars.

« Si un dirigeant étranger venait en Israël pour faire un discours à la Knesset et ne passait pas par le Premier ministre, même si c’était Bibi [Netanyahu], je ne l’accepterai pas », a déclaré Livni.

« Si Obama venait en Israël pour faire un grand discours à la Knesset, cela changerait-il les idées de [Naftali] Bennett ? », s’est-elle interrogée en faisant référence au chef du parti conservateur HaBayit HaYehudi.

« Bibi n’a pas besoin de faire son discours. Il n’y a rien de nouveau. J’ai mes propres critiques de l’administration américaine, mais je les garde pour moi et ne les fais pas publiquement », a-t-elle dit avant d’ajouter, « Vous pensez vraiment qu’après six ans Obama ne sait pas ce que Bibi pense ? »

Netanyahu a dit qu’il parlerait devant le Congrès pour dissuader les législateurs américains d’approuver un accord nucléaire imminent avec l’Iran, une action qui a provoqué la colère de la Maison Blanche, de certains membres du Congrès américain et des opposants politiques en Israël.

Israël se rendra aux bureaux de vote le 17 mars, deux semaines après le discours de Netanyahu. Certains en Israël ont accusé le Premier ministre d’utiliser le discours pour faire la promotion de sa campagne.

Livni a fustigé ses opposants à droite et a promis de se battre pour une solution négociée afin de mettre fin au conflit israélo-palestinien.

« Les Israéliens doivent décider entre deux visions : le Grand Israël, un pays où les Palestiniens n’auront pas de vrais droits, ou une solution à deux États. Une solution à deux Etats est dans l’intérêt d’Israël. Ce n’est pas un cadeau à l’Autorité palestinienne ou au président américain », a-t-elle déclaré.

Livni a exclu la possibilité d’accueillir des réfugiés Palestiniens en Israël et a noté que sous sa direction le gouvernement gardera les blocs d’implantations et le contrôle de Jérusalem.

« Déraciner des Juifs de leur maisons du Gush Katif était la plus dure décision de ma vie, a-t-elle déclaré en faisant référence au désengagement unilatéral de la bande de Gaza. Elle était ministre à l’époque.
« [Pourtant] il y a des gens qui veulent faire revenir des Israéliens au Gush Katif. Quiconque voudrait faire cela ne souhaiterait jamais arriver au moindre accord avec les Palestiniens », a-t-elle déclaré.

Un sondage du Times of Israël de la semaine dernière plaçait l’Union sioniste en tête d’une voix devant le Likud de Netanyahu avant de prendre en compte la distribution des électeurs indécis.