La députée Tzipi Livni (Union sioniste) a déclaré lundi lors de la conférence de paix organisée par le quotidien Haaretz à Tel Aviv que le Premier ministre Benjamin Netanyahu était disposé à négocier un accord de paix basé sur les lignes de 1967 durant les négociations de 2014.

« Netanyahu dévie toujours à gauche, puis atteint un carrefour et prend à droite », a analysé Livni durant la conférence. « Le politicien Bibi ne veut pas faire ce que le chef d’État Netanyahu sait qu’il est nécessaire de faire », a-t-elle ajouté, en utilisant le surnom du Premier ministre.

Ces derniers jours, de nouveaux détails ont été révélés sur les grandes lignes d’un accord que John Kerry, alors secrétaire d’État, avait présenté à Jérusalem et à Ramallah. Selon les fuites, publiées dans Haaretz, le document réclamait des négociations basées sur les frontières de 1967.

Netanyahu exigeait des Américains un « déni », a indiqué Livni, qui était ministre de la Justice et chef des négociations pour la paix, à l’époque. Elle a expliqué que le Premier ministre ne voulait pas être perçu par son parti politique comme trop souple, mais il était disposé à travailler dans le cadre de cet accord.

« Netanyahu était prêt à négocier une solution à 2 États basée sur les frontières de 1967, avec des échanges territoriaux. Ce que vous entendez de sa part aujourd’hui, c’est un renoncement à cette position », affirme Livni. « Il acceptait chaque lettre », dit-elle au sujet de l’accord.

C’était une « grande réussite » que d’avoir obtenu que Netanyahu accepte de négocier sur des frontières acceptables pour les Palestiniens et pour la communauté internationale, dit-elle. Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a « commis une erreur historique » en ne relevant pas le défi.

Livni a appelé l’administration américaine à adopter l’accord cadre qui avait été convenu à l’époque comme base de nouveaux pourparlers.

L’administration américaine actuelle ne veut forcer aucune des parties dans un accord, mais le président américain Donald Trump pourrait se servir de l’accord de 2014 et le déclarer comme base pour un nouveau processus de paix, a ajouté Livni.

« Il ne faut pas réinventer la roue. Il pourrait inviter Netanyahu et Abbas à Mar-a-Lago, ou où qu’il veuille, et leur dire que ce sera la base d’un nouvel accord », a poursuivi Livni.

L’AP a abandonné ces pré-conditions pour entamer des négociations et n’exige plus de gel des implantations, « ce qui facilite grandement le retour à la table des négociations », a précisé l’ancienne ministre. « À ce stade, personne ne veut dire non à Trump. C’est un bon point de départ. »