La ministre de la Justice Tzipi Livni (Hatnua) s’en est prise dimanche aux députés de droite après qu’ils aient écrit une lettre au Premier ministre Benjamin Netanyahu.

La lettre, qui voulait mettre en garde Netanyahu contre un arrêt potentiel des constructions dans les implantations, est apparue sous la forme d’une publicité payante par un groupe de coordination de résidents juifs des implantations.

« J’ai lu ce matin la lettre rédigée par les députés et ministres contre le processus de paix et en faveur du financement et des constructions d’implantations isolées, » a écrit Livni, qui est aussi la négociatrice en chef des pourparlers avec l’Autorité palestinienne, sur Facebook.

« L’annonce est payée par le Conseil de Yesha [organisme qui représente les résidents juifs de Cisjordanie et de Gaza], mais le prix en termes de sécurité, de politique et d’économie – nous le payons tous. »

« Ils devraient décider s’ils sont au service du peuple ou du Conseil de Yesha. »

Elle a ultérieurement ajouté une autre publication sur sa page Facebook, soulignant que le fait de faire entrer les implantations isolées dans l’équation des plus importants blocs d’implantations met en péril les efforts pour maintenir ces derniers sous la souveraineté israélienne dans un futur accord de paix.

Tzachi Hanegbi (Likud), fidèle de Netanyahu, s’en est aussi pris à l’annonce, la qualifiant de « communication populiste.»

Les journaux en hébreu ont publié dimanche, sous forme d’annonce publicitaire, une lettre adressée à Netanyahu, écrite par 21 députés des partis Likud, Yisrael Beytenu et Habayit Hayehudi.

La lettre soulignait qu’ils n’accepteraient aucun accord-cadre qui empêcherait les Israéliens de renforcer leur présence en Cisjordanie.

Les députés réagissaient aux rumeurs selon lesquelles les États-Unis exigent l’arrêt des constructions en dehors des blocs majeurs, si Israël et l’Autorité palestinienne venaient à signer un accord non contraignant et continuaient les négociations au-delà du mois d’avril.

« Ces jours-ci, nous avons entendu parler de l’exigence qu’Israël arrête la construction et la planification d’implantations en Judée-Samarie, » mentionnait la lettre, sous le logo du caucus « Terre d’Israël » de la Knesset.

« Nous sommes opposés à tout arrêt, y compris le gel de constructions dans les d’implantations en dehors des blocs reconnus, et nous considérerions un tel engagement de la part des Israéliens comme une violation tout à fait inacceptable. »

Les deux principaux signataires de la lettre étaient les députés Yariv Levin (Likud-Beytenu) et Orit Strock (Habayit Hayehudi).

Levin a révélé à Kol Israël qu’il démissionnerait de son poste de président de la coalition et de dirigeant de la faction Likud de la Knesset, si Netanyahu arrêtait toute construction dans les implantations.

Il a également averti que ni lui ni ses collègues du même avis ne coopéreraient avec le gouvernement sur toute autre législation, si un gel était instauré, paralysant ainsi la coalition.

Il a souligné que le gouvernement n’avait pas de majorité à la Knesset sans son groupe de fervents partisans des implantations. Il a cependant ajouté qu’il ne s’attendait pas à ce que Netanyahu accepte un gel.

Le même jour, la commission des lois de la Knesset devait discuter d’un projet de loi qui établirait des réglementations sur l’évacuation et la compensation destinés aux résidents juifs des implantations qui se déplaceraient volontairement de la Cisjordanie vers Israël.

Après avoir récompensé les propriétaires, l’État prendrait possession des domiciles évacués mais ne s’en servirait pas, selon le projet de loi soutenu par le député Meretz Ilan Gilon, qui affirme que le projet ferait économiser une somme importante à l’État.

« Je m’attends à ce que tous les ministres qui soutiennent [une solution à deux États] votent pour ce projet de loi, » a déclaré Gilon, selon le quotidien Maariv.

« Ce projet gagne du terrain chez les colons. Beaucoup de personnes voulant bénéficier du système de santé prévalant seulement au-delà de la Ligne verte se sont retrouvées de l’autre côté de la barrière de sécurité. Elles ont été désabusées par les mensonges perpétrés par les habitants des implantations, sont déconnectées de toute idéologie et n’attendent qu’une seule occasion pour partir.»

« Aujourd’hui, il ne fait aucun doute que l’évacuation fera économiser de l’argent dans le futur, et le temps est venu pour que les colons soient libérés des implantations et que les implantations soient libérées des colons. »

Gilon a ajouté que le projet de loi bénéficierait aux résidents juifs des implantations dont les maisons se situent au-delà de la barrière de sécurité et qui sont forcés d’y rester à leurs risques et périls car leurs maisons n’ont plus de valeur.