Plusieurs semaines après avoir entraîné des tensions politiques en s’entretenant avec Abbas malgré le pacte entre le Fatah et le Hamas, la ministre de la Justice Tzipi Livni a rencontré jeudi le ministre des Affaires étrangères Riyad al-Maliki à Londres, ont déclaré au Times of Israël des sources palestiniennes de haut rang.

Au risque de rendre le Premier ministre Benjamin Netanyahu furieux, Livni a discuté avec plusieurs hauts responsables depuis la formation d’un gouvernement palestinien d’unité il y a 10 jours, ont ajouté les sources.

Cela malgré la récente décision d’Israël de rejeter l’Autorité palestinienne en réponse à l’accord de réconciliation entre le Fatah et le Hamas et au nouveau gouvernement.

Ces rencontres viennent après le tollé provoqué par la rencontre de Livni avec le président l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Londres, il y a un mois.

Selon les sources, Livni, négociatrice en chef d’Israël, a récemment eu des conversations téléphoniques avec plusieurs officiels de l’Autorité palestinienne, y compris le chef des Renseignements Majed Faraj, le négociateur en chef Saeb Erekat et le membre officiel du Fatah Jibril Rajoub.

Livni a rencontré al-Maliki jeudi en marge d’un « Sommet mondial pour mettre fin à la violence sexuelle dans les conflits » qui s’est tenu à Londres. Un officiel diplomatique présent au sommet a envoyé au Times of Israel une photo de la rencontre.

Les officiels palestiniens n’ont pas exclu une seconde rencontre entre Livni et Abbas dans les semaines à venir.

Le bureau de Livni n’a pas commenté la nouvelle.

Livni et ses interlocuteurs palestiniens ont discuté de l’échec récent des négociations de paix et de la possibilité de leur reprise.

Il a aussi été question de l’annonce d’Israël de construire 1 500 habitations en Cisjordanie et dans Jérusalem Est. Le ministre du Logement et des Constructions, Uri Ariel, a déclaré que l’annonce était une réponse à l’établissement « d’un gouvernement palestinien de terreur ».

La rencontre de la ministre de la Justice avec Abbas à Londres le mois dernier avait été organisée à l’avance, et Netanyahu en était au courant. Après que la rencontre ait été rendue publique, des conseillers de Netanyahu avaient expliqué que le Premier ministre avait été très clair que Livni ne représentait qu’elle-même, et pas le gouvernement d’Israël.

En outre, des nouvelles ont fuité dans la presse que Netanyahu avait envisagé de renvoyer Livni à cause de cette rencontre. Le ministre des Renseignements, Yuval Steinitz, un fidèle de Netanyahu, a déclaré que le Premier ministre avait traité Livni « avec mansuétude », mais si elle le défiait encore, « elle ne serait plus ministre ».

Livni a nié avoir été réprimandée par Netanyahu pour sa rencontre avec Abbas. Elle a déclaré qu’elle rencontrerait le dirigeant palestinien à nouveau, si et quand cela serait nécessaire.

Avec la mise en place d’un gouvernement palestinien d’unité basé sur l’accord de réconciliation entre le Hamas et le Fatah, le cabinet de sécurité d’Israël a décidé qu’il n’y aurait pas de négociations avec un gouvernement soutenu par le Hamas. Il n’a pourtant pas interdit un contact entre les officiels israéliens et palestiniens.

A la suite de la rencontre du mois dernier avec Livni, Abbas a déclaré au Times of Israel que l’Autorité palestinienne n’avait pas l’intention de rejoindre d’autres organisations internationales que celles pour lesquelles elle s’est déjà portée candidate, à moins qu’Israël ne prenne des actions pour nuire aux Palestiniens.

Livni, qui a voté avec le reste du cabinet de sécurité pour suspendre les négociations à cause du nouveau pacte d’unité entre le Fatah et le Hamas, a déclaré plus tôt dans la semaine qu’Israël devait faire la différence entre le nouveau gouvernement palestinien et le Hamas.

« Nous devons combattre le Hamas et non le gouvernement palestinien, a-t-elle déclaré. Nous devons travailler avec le gouvernement palestinien selon les besoins et les intérêts d’Israël. Nous devons également exiger qu’ils agissent avec responsabilité ».

Livni a ajouté que le nouveau gouvernement Abbas avait été formé en accord avec les conditions du Quarter du Moyen Orient, à savoir la reconnaissance d’Israël, le respect des accords du passé, le rejet du terrorisme et de la violence. Elle a également qualifié les implantations israéliennes comme étant une ‘difficulté pour les questions de sécurité’.