Le gouvernement israélien doit, soit reprendre les pourparlers de paix avec l’Autorité palestinienne, soit se préparer à une réaction diplomatique de la communauté internationale, a déclaré samedi la ministre de la Justice, Tzipi Livni.

Dans cette réalité de l’après-guerre, « soit nous devons reprendre les négociations avec les Palestiniens pour parvenir à un accord permanent et gagner un soutien sur la scène internationale, soit nous nous retrouverons isolés, refusant de parler à ceux qui ont un accord avec le Hamas [référence au pacte d’unité avec l’Autorité palestinienne], tout en signant un accord avec le Hamas [le récent accord de cessez-le-feu négocié au Caire] », a-t-elle affirmé à la Deuxième chaîne.

Livni a critiqué le président de l’AP Mahmoud Abbas, affirmant qu’il est un partenaire de négociations difficile, et qu’il a pris des mesures dans la sphère internationale qu’elle réprouve, comme sa menace de rejoindre la Cour pénale internationale à La Haye.

Mais elle a souligné que si le gouvernement israélien dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu refusait de s’entretenir avec Abbas, il devra affronter « une Intifada diplomatique ou juridique suite à cette opération [militaire à Gaza ».

Israël est susceptible d’assister à la création de nouveaux comités d’enquête comme celui mis en place par le Conseil des droits de l’Homme, dit-elle, « dirigés par des juges ayant établi leurs conclusions à l’avance », référence à William Schabas, qui dirige l’enquête onusienne, qui a d’ores et déjà appelé Netanyahu et l’ancien président Shimon Peres à subir un procès devant la CPI.

« Ceux qui ne saisissent pas l’opportunité de négociations diplomatiques ne font que renforcer le régime du Hamas à Gaza », dit-elle, adressant ses commentaires à Netanyahu.

« Et ceux qui appellent au recours à la force [à Gaza] et sont opposés à l’accord d’unité [avec le Hamas] sont les mêmes personnes qui, tout au long de l’opération, ont espéré – et espèrent encore – qu’Abbas reprenne le contrôle de la bande de Gaza », dit-elle.

Attirant l’attention sur ce qu’elle qualifie de situation « absurde », lorsque Netanyahu mène des négociations indirectes avec le Hamas mais refuse de parler à Abbas tant que son pacte d’unité avec le Hamas est en vigueur, Livni réitère son appel au Premier ministre visant à « coopérer avec ceux qui reconnaissent notre existence, qui bannissent la violence et honorent des accords de paix passés ».

Selon Livni, en l’absence de négociations de paix avec Abbas, les résidents du Sud d’Israël seront inévitablement soumis à un nouveau cycle de violence et à la reprise des tirs de roquettes.

« Ce qui a été prouvé dans cette opération, c’est que la force militaire ne peut changer la réalité sur le long terme. Une action militaire contre le Hamas est importante, mais pas suffisante. Il y aura inévitablement un autre cycle dans un an ou deux », dit-elle.

Livni a ajouté que l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas a prouvé qu’elle appartient à l’axe des modérés de la région, « ceux avec lesquels nous pouvons travailler, opposés aux fous qui décapitent les gens et utilisent les enfants comme boucliers humains [comme l’État islamique et le Hamas] ».

« Nous devons saisir cette occasion pour parler [à l’AP], et ceux qui refusent de le faire condamnent les résidents du Sud à un autre cycle de violence », dit-elle.

Vendredi, Netanyahu a déclaré que l’opération Bordure protectrice a ouvert une opportunité diplomatique, mais est resté ferme sur le fait qu’Abbas doit d’abord couper les liens avec le Hamas.

« Il y a aujourd’hui une réalité qui nous permet d’agir en fonction de nos intérêts sécuritaires d’une part et [de l’autre], de lancer une nouvelle initiative diplomatique, responsable, fondée sur cette nouvelle réalité », a-t-il déclaré à la Dixième chaîne israélienne.

Netanyahu a déclaré qu’il espérait qu’Abbas choisirait Israël plutôt qu’un gouvernement d’union avec le Hamas, suggérant que, si tel était le cas, il serait prêt à négocier avec l’AP pour aboutir à un accord de paix.