L’éloge fait par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas du Palestinien qui avait tenté d’assassiner Yehuda Glick a entraîné, lundi, la condamnation ferme de la négociatrice en chef des pourparlers de paix, la ministre israélienne de la Justice Tzipi Livni.

Livni a rejoint d’autres dirigeants israéliens qui avaient fustigé Abbas pour avoir loué les actions de Mu’taz Hijazi, l’auteur de la tentative d’assassinat contre le rabbin et militant du mont du Temple, la semaine dernière à Jérusalem.

Cette louange est « non seulement dérisoire mais également dangereuse, » a averti Livni dans une interview à la radio israélienne ce lundi.

« Elle pourrait le conduire [Abbas] à perdre le contrôle » de la rue palestinienne dans un contexte de hausse des tensions entre Juifs et Arabes, et « le rendre responsable de ce qui pourrait conduire à sa chute. »

Hijazi a été tué le lendemain de la tentative d’assassinat de Glick dans un échange de tirs avec la police, venue l’arrêter à son domicile du quartier d’Abu Tor à Jérusalem.

« Avec colère, nous avons reçu des nouvelles de l’assassinat vicieux commis par les terroristes de l’armée d’occupation israélienne contre [votre] fils Ibrahim Khalil Mu’taz Hijazi, qui ira au ciel comme un martyr pour défendre les droits de notre peuple et de ses Lieux saints » a écrit Mahmoud Abbas dans une lettre de condoléances envoyée samedi à la famille de Hijazi.

Livni a également critiqué l’aile droite des groupes juifs qui cherchent à changer le statu quo sur le mont du Temple, indiquant à la radio israélienne que ces tentatives faisaient courir le risque d’ « entraîner le conflit avec les Palestiniens dans un conflit régional avec tous les Etats musulmans du monde, y compris la Jordanie et l’Egypte ».

Livni a laissé entendre que la paix ne pouvait être réalisée avec l’Autorité palestinienne.

« Israël doit agir en fonction de ses intérêts », a-t-elle expliqué, « et s’il n’y a pas de partenaire [palestinien] intéressé pour parvenir à un accord », Israël a d’autres options, y compris celle de « prendre la tête d’une initiative israélo-américaine, en coopération avec des Etats régionaux, et de prendre des décisions unilatérales en coordination avec la communauté internationale ».