La négociatrice en chef des pourparlers de paix et ministre de la Justice, Tzipi Livni, sera renvoyée si elle s’entretient de nouveau avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, contre la volonté du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a déclaré un ministre du Likoud samedi.

Netanyahu a jusqu’ici traité Livni « avec une certaine dose de clémence », a déclaré le ministre du Renseignement Yuval Steinitz, membre du Likud et proche du Premier ministre, dans une interview à la Deuxième chaîne. Mais si elle défie à nouveau le Premier ministre, « elle ne sera plus ministre ».

Avant de rencontrer Abbas à Londres le 15 mai, Livni en aurait informé Netanyahou. Mais selon des rapports, le PM lui avait enjoint de ne pas s’exécuter, et fut outré de sa désobéissance.

La Deuxième chaîne a cité des sources proches de Netanyahu alléguant qu’il ne tolérerait pas de récidive.

Tous les ministres doivent respecter la politique du gouvernement, a déclaré Steinitz. Le cabinet restreint a voté le mois dernier la suspension de toutes négociations avec les Palestiniens, suite au pacte d’union entre le Fatah et le Hamas islamiste extrémiste, qui appelle à la destruction d’Israël. Livni avait voté en faveur de la décision.

Livni, du parti centriste Hatnua, a démenti vendredi avoir été réprimandée par Netanyahu, assurant qu’elle rencontrerait de nouveau le dirigeant palestinien si nécessaire.
Dans une interview au journal de la Deuxième chaîne, Livni a soutenu que le PM était au courant à l’avance de sa rencontre avec Abbas. Pourtant, elle a esquivé la question de savoir si Netanyahu lui avait interdit de s’y rendre.

Un article publié dans le quotidien Maariv, jeudi laissait entendre que Netanyahu était si furieux du rendez-vous à Londres qu’il souhaitait renvoyer Livni, mais s’abstenait de crainte de voir la coalition se démanteler.

Vendredi, Livni a déclaré que la réunion en tête-à-tête avec Netanyahu cette semaine ne contenait aucune réprimande.

Livni a rejeté les appels de membres de l’opposition de quitter la coalition, alléguant qu’elle serait plus efficace au sein du gouvernement, en particulier, selon elle, en empêchant le ministre de l’Economie Naftali Bennett et ses comparses d’orienter le pays dans une « direction irresponsable ».

Bennett serait ravi qu’elle quitte la coalition, assure-t-elle, laissant libre cours à ses projets, y compris l’annexion unilatérale de certaines parties de la Cisjordanie.

Elle confirme utiliser « tout le pouvoir politique en sa possession » pour contrecarrer l’extrême droite, notant que, malheureusement, sa faction est plus réduite que dans les parlements précédents. « Il est important de se faire le gardien des idées dangereuses. »