Le Qatar a élaboré sa propre version d’une proposition de trêve entre Israël et le Hamas, qui adopte presque toutes les exigences du Hamas, rapporte le Times of Israel.

Le document met au jour la lutte de pouvoir, dans les coulisses du conflit de Gaza, entre le nouveau leadership du Caire, la Turquie et le Qatar – deux pays qui ont soutenu le règne des Frères musulmans et de son président déchu Mohamed Morsi en Egypte. Le Hamas est une ramification des Frères musulmans, chassés du pouvoir en Egypte en 2013 par le chef militaire d’alors et actuel président, Abdel Fattah el-Sissi.

Le document du Qatar a été présenté aux autorités américaines, aux diplomates occidentaux et au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas plus tôt cette semaine, avant le début de l’offensive terrestre israélienne à Gaza jeudi soir. Le Qatar aurait exigé que les États-Unis servent de médiateurs entre les parties, et excluent l’Egypte du processus.

A l’origine du document, le ministre qatari des Affaires étrangères Khalid bin Mohammed al-Attiyah, qui avait affirmé dans les conversations fermées la semaine dernière qu’il ne croyait pas Israël lancerait une opération terrestre. Washington s’est longuement entretenu avec le Qatar sur l’offre, mais a finalement opté pour la proposition égyptienne.

Le projet stipule qu’en échange d’un cessez-le feu, Israël devait : libérer des prisonniers du Hamas relâchés dans l’affaire Gilad Shalit et de nouveau arrêtés en Cisjordanie après l’enlèvement et l’assassinat des trois adolescents israéliens ; permettre la construction d’un port maritime ou « passage maritime » dans la bande de Gaza ; ouvrir entièrement tous les passages de Gaza ; et permettre aux pêcheurs de Gaza de s’éloigner de la côte jusqu’à environ 19 km. L’Egypte de son côté devait ouvrir le passage de Rafah 24 heures/24.

Le document visait à contrer l’offre de cessez-le-feu égyptienne, exigeant qu’Israël et le Hamas mettent fin aux hostilités, avant de discuter de leurs revendications respectives. L’offre égyptienne a été approuvée par Israël, les Etats-Unis, l’Autorité palestinienne et la Ligue arabe mardi, avant d’être rejetée par le Hamas, selon lequel elle ne répondait qu’aux intérêts israéliens, et à aucune des demandes palestiniennes.

Le ministre des Affaires étrangères égyptien, Sameh Choukri, a critiqué le Qatar cette semaine, l’accusant d’avoir conspiré avec la Turquie pour contrecarrer l’offre égyptienne. Le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Meshaal, réside actuellement au Qatar.

Vendredi, Abbas s’est rendu à Ankara où, selon des informations parues dans les médias arabes, le chef du renseignement palestinien Majed Faraj a tenu des réunions secrètes avec des responsables du Hamas pour rétablir le calme. Abbas doit ensuite visiter le Qatar.

De hauts responsables palestiniens affirment que dans une récente réunion avec Abbas, l’adjoint de Mechaal, Moussa Abou Marzouk, avant l’incursion d’Israël dans la bande de Gaza, ce dernier a déclaré que son organisation était prête à payer le prix fort pour lever le blocus de sécurité imposé à Gaza par Israël et l’Egypte.

« Que sont 200 morts comparés à la fin du siège ? », aurait affirmé Abou Marzouk. Les responsables ont faire remarquer qu’Abou Marzouk avait évalué à l’époque que l’armée israélienne n’entrerait pas dans Gaza.