Israël a accusé mardi le coordinateur de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Robert Serry, d’avoir « exacerbé les tensions » entre Israël et les chrétiens au moment des fêtes de Pâques.

Dans une lettre au secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, l’ambassadeur d’Israël à l’ONU Ron Prosor a reproché à M. Serry d’avoir « abusé de sa position et du mandat de l’ONU » lors d’incidents pendant la cérémonie du « feu sacré » de la Pâque orthodoxe dans la Vieille ville de Jérusalem.

Le 19 avril, M. Serry, accompagné de plusieurs diplomates, avait pris part à une procession pascale dans la Vieille ville, située à Jérusalem-Est annexée, à l’invitation de chrétiens palestiniens.

Mais la procession avait été stoppée à un point de contrôle de la police israélienne avant de pouvoir atteindre la basilique du Saint-Sépulcre, haut-lieu du christianisme, ce qui avait résulté selon M. Serry dans « un face-à-face tendu. »

Le représentant de l’ONU avait déploré, dans un communiqué, le refus de la police israélienne d’autoriser l’accès à l’église du Saint-Sépulcre « malgré des assurances données à la communauté chrétienne palestinienne de Jérusalem »

« Au lieu de prendre des mesures constructives pour aider à calmer une situation sensible, Robert Serry a pris des initiatives perturbantes qui ont exacerbé les tensions sur le terrain », a assuré l’ambassadeur israélien à l’ONU dans sa lettre rendue publique par le ministère des Affaires étrangères.

« Il est regrettable qu’un membre officiel de l’ONU abuse de sa position et du mandat de l’ONU pour exprimer ses opinions personnelles », a estimé M. Prosor.

Selon l’ambassadeur, qui a défendu l’attitude « sensée et professionnelle » de la police israélienne, cet incident s’inscrit dans une « récente campagne accusant Israël de mettre en cause la liberté de culte et le libre accès aux sites religieux ».

« Ces accusations grotesques s’inscrivent dans les efforts concertés déployés par les Palestiniens et certains pays arabes en vue d’affaiblir Israël », a-t-il ajouté.

L’accès aux lieux saints de Jérusalem, capitale des trois principaux monothéismes, est souvent source de tensions et de frictions pendant les grandes fêtes religieuses.