L’ONU marque la Journée de l’Holocauste, appelle à la vigilance contre la haine
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L’ONU marque la Journée de l’Holocauste, appelle à la vigilance contre la haine

Le Secrétaire général met en garde contre la haine "effrénée à notre époque" ; l'envoyé israélien critique la Pologne pour la législation qui " réécrit l’histoire"

Une photo de groupe des survivants de l'Holocauste et des participants avant la cérémonie pour la journée de commémoration de l'Holocauste des Nations unies, 31 janvier 2018 (Crédit : Photo ONU / Manuel Elias)
Une photo de groupe des survivants de l'Holocauste et des participants avant la cérémonie pour la journée de commémoration de l'Holocauste des Nations unies, 31 janvier 2018 (Crédit : Photo ONU / Manuel Elias)

Les Nations unies ont organisé mercredi leur cérémonie annuelle pour la Journée internationale de commémoration de l’Holocauste et le secrétaire général de l’organisation a appelé à la résistance contre ce qu’il a décrit comme l’expansion de la haine et du racisme dans le monde aujourd’hui.

Antonio Guterres était accompagné de Miroslav Lajcak, président de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, de l’envoyé israélien à l’ONU Danny Danon, de survivants de l’Holocauste et de dizaines d’ambassadeurs du monde entier.

Guterres a commencé par remercier les survivants qui sont venus à la cérémonie.

L’Holocauste, a-t-il expliqué, était le « point culminant de l’hostilité envers les Juifs à travers les millénaires ».

Capture d’écran de la vidéo du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, à l’occasion de la Journée de commémoration de l’Holocauste des Nations unies, le 31 janvier 2018 (Crédit : YouTube)

« Puisque la haine et le mépris des vies humaines sont endémiques à notre époque, nous devons nous prémunir contre la xénophobie tous les jours et partout », a-t-il poursuivi. « Partout dans le monde, le degré de haine est élevé. »

« Ce jour de commémoration annuelle porte sur le passé, mais aussi sur l’avenir. Il s’agit de Juifs, mais aussi de tous les autres qui se trouvent dépravés et diffamés uniquement à cause de qui ils sont », a déclaré Guterres.

Parmi les survivants de l’Holocauste qui ont été invités à participer à la cérémonie, il y avait Eva Lavi, originaire de Cracovie, en Pologne, et maintenant résidente d’Israël, qui a survécu à la Seconde Guerre mondiale avec ses parents après avoir été sauvée par l’industriel allemand Oskar Schindler.

Lavi a expliqué à ceux présents à la cérémonie comment Schindler les avait réacheminés, elle et ses parents, vers son usine après qu’ils ont été envoyés à bord d’un train pour le camp de concentration d’Auschwitz. D’autres membres de sa famille élargie ont été assassinés par les nazis, a-t-elle ajouté.

« L’Holocauste devrait être un avertissement significatif sur ce qui pourrait arriver lorsque le racisme, la haine, la violence et l’antisémitisme imprègnent le monde », a déclaré Lavi. « Au final, nous devons apprendre à vivre les uns avec les autres et à nous respecter les uns les autres. Nous avons tous été créés égaux à l’image de Dieu ».

Bien que la Journée en commémoration de l’Holocauste ait été fixée au 27 janvier, divers pays et organisations organisent des événements les jours avant ou suivant cette date.

Danon a profité de son discours pour dénoncer la législation en cours d’examen en Pologne qui criminaliserait le fait de faire porter la responsabilités des atrocités antisémites de l’Holocauste à l’encontre des Polonais.

« Nous ne devons jamais laisser passer une loi qui nie la vérité et réécrit l’histoire », a-t-il expliqué.

« Alors que nous honorons ces quelques âmes courageuses qui se sont élevées fermement contre le mal et ont sauvé les juifs de la mort, nous ne devons pas oublier ceux qui ont coopéré avec les nazis. Nous nous opposerons fermement à toute tentative visant à déformer la vérité. »

De gauche à droite: Eva Lavi, survivante de l’Holocauste, António Guterres, Secrétaire général de l’ONU, Miroslav Lajčák, Président de l’Assemblée générale des Nations unies et Danny Danon, envoyé spécial de l’ONU, le 31 janvier 2018 (Crédit : Nir Arieli / Israel ONU)

Israël a vivement critiqué cette loi, qui prévoit des peines d’emprisonnement si l’on fait référence aux « camps de la mort polonais » et interdit toute mention de la complicité polonaise dans les crimes nazis. La Pologne soutient depuis longtemps qu’elle était occupée par l’Allemagne et que ce sont les nazis qui ont établi et exploité des camps de concentration sur son territoire. Le Sénat polonais devait voter le projet de loi mercredi.

Lajcak, le président de l’Assemblée générale, a fait écho à Guterres en exhortant de plus grands efforts contre les violations contemporaines des droits de l’Homme.

« Nous ne sommes pas ici aujourd’hui pour nous souvenir de l’Holocauste », a-t-il déclaré. « Nous sommes également ici pour nous souvenir de notre échec collectif à l’empêcher. L’Holocauste n’a pas été une surprise, cela ne s’est pas produit du jour au lendemain. Nous l’avons vu arriver et nous ne l’avons pas arrêté. »

« Quand ce fut fini, nous avons fait une promesse — plus jamais — et nous le voulions. Mais, malheureusement, cette promesse n’a pas toujours été tenue. »

Lajcak a déclaré que l’instance mondiale avait tendance à parler et à condamner plutôt que de prendre des mesures contre le racisme et l’intolérance. Au lieu de cela, il a exhorté l’ONU à agir rapidement avec les outils dont elle dispose, lorsque des mesures s’imposent.

« Trop souvent, nous n’avons pas eu le courage de qualifier les choses exactement comme elles le sont et d’agir en conséquence », a-t-il déclaré. « Nous devons donc réfléchir à notre inaction et, en fait, à nos échecs. Mais nous devons également utiliser cette occasion pour inspirer le changement. »

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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