L’ONU a proposé de s’inspirer d’un mécanisme de contrôle déjà en place pour importer des matériaux de construction à Gaza afin d’accélérer la reconstruction de ce territoire, a indiqué lundi le coordinateur de l’ONU au Proche-Orient Robert Serry.

S’adressant au Conseil de sécurité, Serry a rappelé qu’il existait depuis des années un système de contrôle des fournitures entrant à Gaza et destinées à des projets de construction de l’ONU, afin de s’assurer que leur utilisation sera purement civile.

« Ce système fonctionne et a empêché le détournement de matériel », par exemple pour creuser des tunnels, a-t-il souligné. « Nous sommes prêts à examiner avec les parties concernées la manière dont ce mécanisme peut être étendu afin de contrôler un programme de reconstruction de Gaza dirigé par l’Autorité palestinienne et mené par le secteur privé ».

Israël insiste sur de solides garanties de sécurité, dont la démilitarisation de Gaza, avant de lever le blocus.

Lors d’un point de presse, Serry a ensuite précisé que l’ONU avait « pour l’instant des discussions très informelles à ce sujet ». « Je ne dis pas que l’ONU peut reconstruire Gaza, il faut impliquer le secteur privé », a-t-il souligné.

Il a estimé « très important que ce mécanisme de contrôle soit mis en place avant de tenir une conférence des donateurs » afin que ces derniers soient rassurés sur l’utilisation effective de leurs dons.

Il a mis en exergue l’ampleur « sans précédent » de la reconstruction nécessaire à Gaza, l’estimant « trois fois plus importante » qu’après la précédente opération israélienne en 2009. Au total, a-t-il précisé, 16 800 logements ont été détruits ou gravement endommagés, affectant quelque 100 000 Palestiniens.

La Norvège a annoncé lundi qu’une conférence des donateurs se réunira au Caire dès qu’un accord de cessez-le-feu durable aura été conclu et que les fonds collectés sous l’égide de l’Égypte et de la Norvège seront versés à l’Autorité palestinienne.

En cas d’accord au Caire, a précisé l’ambassadeur britannique Mark Lyall Grant qui préside le Conseil en août, le Conseil pourra être amené à entériner cet accord.

Au cours de consultations à huis clos, a ajouté l’ambassadeur, les 15 pays membres du Conseil se sont accordés sur « la nécessité d’un cessez-le-feu durable afin de permettre la livraison de l’aide humanitaire et la reconstruction » de Gaza.

En marge de ces consultations, l’ambassadeur israélien à l’ONU Ron Prosor s’en est pris vivement à l’ONU, l’accusant d’avoir « un parti pris à l’encontre d’Israël » et de citer des chiffres de pertes civiles à Gaza fournies par le Hamas.

Ron Prosor, émissaire israélien à l'ONU, lors d'un discours au Conseil de Sécurité, le 22 octobre 2013 au siège des Nations unies à NewYork (Crédit : Nations unies)

Ron Prosor, émissaire israélien à l’ONU, lors d’un discours au Conseil de Sécurité, le 22 octobre 2013 au siège des Nations unies à NewYork (Crédit : Nations unies)

Une accusation rejetée par le porte-parole de l’ONU Stéphane Dujarric. Selon lui, les chiffres de l’ONU, qu’il a qualifiés de « préliminaires », proviennent de « plusieurs sources », dont des ONG présentes sur le terrain.