Les ambassadeurs des 15 pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont tenu mardi une nouvelle réunion pour tenter de mettre au point une résolution sur la situation humanitaire en Syrie, mais Occidentaux et Russes divergent toujours sur plusieurs points.

« Les négociations continuent », a indiqué l’ambassadeur jordanien, le prince Zeid al-Hussein, qui a exprimé l’espoir de parvenir à un vote avant la fin de la semaine. « Il y a un sentiment d’urgence (..) donc nous essayons », a-t-il ajouté.

Interrogée sur cette échéance de fin de semaine pour un vote, l’ambassadrice lituanienne Raimunda Murmokaité, qui préside le Conseil en février, a pour sa part estimé que c’était « trop tôt ». Son homologue russe Vitali Tchourkine a refusé de fixer un délai, jugeant que « ce ne serait pas productif ».

Selon des diplomates, les discussions achoppent notamment sur l’éventualité de sanctions contre ceux qui bloqueraient l’aide humanitaire. La Russie ne veut pas entendre parler d’une telle menace contre son allié syrien alors que les Occidentaux estiment que la résolution doit contenir un élément contraignant pour avoir du poids.

Des familles syriens au camp de réfugiés d'Arsal, le 18 février 2014 dans la vallée de la Bekaa, au Liban (Crédit : AFP)

Des familles syriennes au camp de réfugiés d’Arsal, le 18 février 2014 dans la vallée de la Bekaa, au Liban (Crédit : AFP)

« Le sentiment général est qu’un accord est possible mais il faut que le texte soit substantiel pour avoir un vrai impact sur le terrain », a expliqué l’ambassadeur français Gérard Araud. Il a souligné qu’il existait « trois ou quatre points » de divergence mais que « tout est négociable ».

« Un des éléments essentiels pour nous », a-t-il précisé, « est de permettre aux agences de l’ONU de traverser les frontières » depuis les pays voisins de la Syrie pour livrer l’aide humanitaire.

Les Occidentaux tentent depuis plusieurs semaines de convaincre la Russie de se rallier à un texte qui réclame un meilleur accès humanitaire et « la levée immédiate des sièges » de plusieurs villes syriennes. Moscou a déposé de son côté un contre-projet de résolution et les tractations tournent autour de la manière de réconcilier si possible ces deux textes.

La Russie a bloqué déjà à trois reprises depuis le début de la crise syrienne en mars 2011 des résolutions visant à faire pression sur Damas.