L’opposition iranienne en exil a accusé mercredi devant le Congrès américain le régime de Téhéran d’être le « parrain » du groupe Etat islamique, bien que l’Iran chiite combatte ce groupe radical armé sunnite implanté en Irak et en Syrie.

« C’est le régime des mollahs (iraniens) qui a contribué à la création de l’EI et ce sont les tueries de sunnites en Irak qui ont permis à l’EI d’émerger », a argumenté la présidente du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), Maryam Rajavi, par vidéo-conférence depuis Paris devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants américains.

Le CNRI, basé en France, est une coalition politique de groupes d’opposants iraniens, dont les plus connus sont les Moudjahidine du peuple (MEK), une organisation considérée comme « terroriste » par l’UE jusqu’en 2008 et par les Etats-Unis jusqu’en 2012. Le CNRI dispose dorénavant d’une représentation légale à Washington.

Bien que l’Iran chiite aide militairement l’Irak et la Syrie à combattre l’EI sunnite dans ces deux pays, Mme Rajavi a estimé que Téhéran était « le parrain » de ce groupe armé.

« C’est le régime iranien (…) qui a créé le terrorisme », a encore accusé la dirigeante, estimant qu' »en dépit de toutes leurs différences, l’EI et les fondamentalistes au pouvoir en Iran étaient très proches » et pouvaient même « coopérer à l’occasion ».

Les dernières allégations du CNRI remontent à février lorsque l’opposition iranienne avait fait état d’un site d’enrichissement d’uranium « secret et illégal » du régime de Téhéran, en violation des négociations entre l’Iran et les grandes puissances sur le programme nucléaire iranien.

Washington n’avait pas donné suite à ces accusations.