Le chef de l’opposition à la Knesset, Isaac Herzog, a rejeté lundi une offre de compromis de la coalition au gouvernement sur un nombre de votes controversés prévus pour aujourd’hui. Herzog a déclaré que la tentative d’éviter un boycott de la session était « trop peu, [et arrive] trop tard. »

Dimanche soir, la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu avait offert une journée de plus de discussions à la Knesset, dans l’espoir d’amener l’opposition à participer aux débats sur les projets de lois controversés.

Ces projets comprennent le projet de gouvernance, celui du service militaire équitable et celui de référendum.

Le président de la Knesset, Yuli Edelstein (Likud), a affirmé que Netanyahu avait accepté dans la nuit que les discussions sur ces trois projets se poursuivent jusqu’à jeudi.

Cette offre voulait apaiser l’opposition qui avait le sentiment que les projets ont été soumis aux différentes étapes parlementaires trop hâtivement. L’opposition a décrit cette précipitation comme un « effort anti-démocratique pour s’assurer que les projets soient approuvés. »

Les trois projets ont suscité de nombreux débats au sein de la législation et de la société civile autour des effets et changements qu’ils impliqueraient.

Le projet de gouvernance augmenterait le seuil d’éligibilité des partis politiques pour accéder à la Knesset. Certains prétendent que cela forcerait les partis arabes à s’unir ou à être privés de leurs droits.

Le projet de service équitable établira une nouvelle politique de conscription pour la communauté ultra-orthodoxe, imposant des sanctions aux individus qui ne se présenteraient pas.

Le projet de référendum établirait une loi fondamentale semi-constitutionnelle qui exigerait un référendum national pour toute inaliénabilité des terres lors d’un accord de paix futur.

Une loi similaire avait été adoptée en 2010 mais sa légitimité avait été mise en doute par la Haute Cour de Justice. En effet, seule les Lois fondamentales ont plus de pouvoir que la Knesset.

Edelstein a déclaré que les deux parties étaient allées trop loin dans leur querelle politique à propos des projets. « Je suis satisfait que la coalition ait accepté [d’arrêter les confrontations] et je m’attends à ce que l’opposition fasse de même. »

« La Knesset israélienne n’est pas un endroit pour le boycott, » a ajouté Edelstein. « Un boycott de la séance plénière est un boycott de la démocratie. »

Mais Herzog a rejeté l’offre, et indiqué lundi matin à la radio militaire qu’Edelstein « parle d’allonger le débat de quelques heures jeudi. Il est ridicule d’ajouter un « brin » de débat sur des questions si importantes.

Herzog a qualifié la conduite de la coalition par rapport aux projets de loi d’ « anti-démocratique » et affirmé que « le président de la Knesset aurait dû se servir de son autorité pour mettre fin aux débats. »

La coalition a rassemblé les trois projets de loi afin d’obtenir l’approbation de tous les partis. Une lettre engageant le soutien des trois lois des factions a été rédigée par la coalition ce week-end.

Les partis de l’opposition, 52 députés en tout, menacent de boycotter la session plénière jeudi. La procédure pourrait alors sembler illégitime, ce qui n’est pas désirable pour le gouvernement.

Selon l’horaire prévu, la semaine marathon de débats et de votes pour les projets doit se terminer jeudi matin. La coalition veut faire passer les projets à la hâte pour éviter que le vote soit reporté après la période de vacances de printemps.

Herzog a promis qu’il prendrait des mesures drastiques et sans précédent pour combattre la législation.

Au début de la réunion de dimanche entre les dirigeants de l’opposition, Herzog a menacé de « prendre des mesures jamais vues à la Knesset, » et déclaré que les lois étaient mues par la haine, la discrimination, le désir d’éloigner les partis les uns des autres et de mettre fin au débat à la Knesset.