Tout le peuple d’Israël est entièrement uni pour soutenir l’opération Bordure protectrice, car cette dernière est considérée comme une guerre juste menée de façon responsable, a déclaré jeudi chef de l’opposition, Isaac Herzog.

« Les décisions qui ont été prises jusqu’à présent étaient responsables et ciblées », a déclaré Herzog lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes. « J’espère qu’ils [ces décisions] vont permettre de mettre fin au conflit ».

Interrogé par un journaliste sur le fait de savoir s’il est surpris par le « niveau de soutien à la guerre, niveau similaire [au soutien du régime] en Corée du Nord » et si cela pourrait mettre en danger la démocratie israélienne, il a ri. Selon les sondages, une majorité écrasante d’Israéliens juifs croient que la campagne militaire est juste. « Je ne pense vraiment pas que nous sommes [comme] la Corée du Nord d’une façon ou d’une autre », a déclaré Herzog, qui dirige le Parti travailliste de centre-gauche.

« Tout problème en Israël est un problème qui peut donner lieu un débat et peut être argumenté. Les réseaux sociaux sont extrêmement agressifs et notre parlement est l’un des plus intéressant et fascinant à cet égard « , a-t-il affirmé. Il y a huit différents partis dans l’opposition actuelle, « y compris le parti des Frères musulmans, le seul parti légal des Frères musulmans dans la région, si ce n’est dans le monde ».

Herzog faisait probablement référence au Raam-Taal, une faction israélo-arabe à la Knesset. Mais il n’a aucune affiliation officielle avec les Frères musulmans.

« Il y a un consensus national en Israël quant à la justification de cette opération pour plusieurs raisons », explique-t-il. Premièrement, le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu a agi avec retenue, cherchant à éviter l’incendie. « Nous avons essayé de contenir [le conflit]. Et le Hamas, pour ses propres raisons stratégiques, a décidé de l’attiser ».

Deuxièmement, Israël a accepté et mis en œuvre plusieurs trêves humanitaires, qui ont toutes été rejetées ou violées par le Hamas, a déclaré Herzog. « Donc, la question que vous vous posez en tant qu’Israélien est : supposons que nous disions oui et que nous arrêtions immédiatement – qu’arriverait-il ensuite s’ils continuent de tirer ? C’est la question que j’entends jour après jour. S’ils continuent de tirer alors je dois défendre mon peuple « .

La troisième raison du soutien général pour la campagne militaire israélienne est la découverte de dizaines de tunnels d’attaque. Cela peut sembler absurde, analyse Herzog, mais psychologiquement de nombreux Israéliens vivant dans le sud du pays s’étaient résignés à vivre avec les tirs de roquettes constants de Gaza. Mais maintenant qu’ils ont appris qu’ « une plus grande menace » existait sous leurs villes, de nombreux résidents du Sud, même de gauche, donnent leur appui à la campagne pour détruire les tunnels.

Quand les gens voient des terroristes du Hamas sortir de tunnels et s’infiltrer dans les bases du kibboutz et de l’armée dans le territoire qui est clairement sous souveraineté israélienne, « tout le monde comprend que c’est une lutte pour notre maison ».

Et pourtant, les Israéliens ressentent une « profonde tristesse pour la perte horrible de vies humaines que nous avons vue dans la bande de Gaza et les tragédies qui ont englouti la région », confie Herzog.

Malgré le soutien quasi-universel pour l’opération Bordure protectrice, le camp israélien de la paix existe encore – « il est toujours là, il attend le jour d’après, » a-t-il affirmé.

« Si j’avais été Premier ministre, j’aurais porté un coup plus dur au Hamas, et ensuite j’irais à Ramallah, frapperais à la porte de la Muqata, entrerais dans le bureau d’Abou Mazen [le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas] et commencerais à négocier la paix avec lui. Cela serait ma ligne [de conduite], je pense que c’est ce qu’il faut faire ».

Même si la situation actuelle ne semble pas auspicieuse pour des pourparlers pour une solution à deux Etats, Herzog affirme qu’il croit à la paix et estime qu’Israël a un partenaire en Abbas. « Mais quand vous vous préparez pour la paix, vous devriez aussi être prêt à la guerre afin de protéger votre peuple, en particulier dans cette région ».