Les pays occidentaux vont commencer à donner des armes de qualité à l’opposition syrienne modérée dans les semaines qui suivent, affirme le chef de la Coalition nationale syrienne jeudi.

Ahmad Al-Jarba raconte au quotidien saoudien A-Shraq Al-Awsat qu’il se sentait encouragé par sa rencontre avec le président américain Barack Obama à Washington le 13 mai, affirmant que le gouvernement américain est désormais
« convaincus à 90 % de la nécessité d’aider l’opposition militairement ».

L’Armée syrienne libre, force de combat modérée du pays, a longtemps soutenu qu’un manque critique d’armes de qualité avait causé une hémorragie de combattants qui rejoignent le front djihadiste Al-Nosra et une perte de terrain face aux forces du président Bashar el-Assad.

Plus tôt dans le mois, les combattants de l’opposition se sont retirés de Homs, la troisième plus grande ville de la Syrie, la cédant au gouvernement.

Les perspectives d’une solution diplomatique en Syrie ont encore diminué au cours de ces dernières semaines avec la démission de l’envoyé spécial de l’ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi et l’annonce d’Assad qu’il avait l’intention de se présenter aux élections présidentielles prévues pour le 3 Juin.

«La décision d’Assad est une insulte grave pour nous que les Syriens », a déclaré Jarba au papier. « Nous avons dit, et nous continuons à dire que, qu’à cause de sa candidature Assad a complètement fermé la porte à une solution politique ».

L’Occident comprend maintenant que la seule façon de convaincre Assad de renoncer au pouvoir est de faire pencher la balance militaire en faveur de l’opposition, a-t-il expliqué.

«Ces mesures [militaires] deviendront réalité dans les prochaines semaines», a-t-il ajouté.

« Je leur ai expliqué les garanties pour eux, et ils ont été convaincus », a-t-il affirmé. « Il est impossible que les armes tombent entre les mains de ceux qui nous combattent. En outre, les États [donateurs] peuvent superviser la question avec nous. Nous avons le personnel militaire ayant une expertise dans les armes en question. Il ya des problèmes techniques irréfutables dont nous leur avons parlé en longueur, à eux et aux autres amis».

Un officier rebelle syrien supérieur a donné plus de détails au Times of Israel sur un certain nombre de mesures possibles pour protéger les armes, dont l’enregistrement méticuleux des armes et le retour de caisses de munitions vides à leurs fournisseurs.

Un détachement entre la direction militaire de l’opposition syrienne et son leadership politique a entravé la crédibilité de l’opposition dans le passé, admet Jarba, mais il a ajouté qu’aujourd’hui les deux branches travaillent à l’unisson.

 » La preuve en est dans le fait que [le chef de l’Armée syrienne libre] Abdul Ilah Al-Bashir m’a accompagné aux États-Unis … il est venu avec moi à la Maison Blanche et a participé à toutes les réunions que j’ai tenues », a déclaré Jarba.