Après avoir consolidé ses unités de combat sous un commandement unifié il y a deux mois, l’Armée Syrienne Libre (ASL) sur le plateau du Golan pousse les forces d’opposition islamistes à quitter la zone frontalière avec Israël et à lutter contre le régime d’Assad plus à l’Est, a déclaré au Times of Israel un de ses membres.

Selon ce militant de l’opposition civile – qui a parlé au Times of Israel sous couvert d’anonymat car il n’est pas autorisé à parler aux médias israéliens – l’ASL nouvellement unifiée sous le commandement du général de brigade Ibrahim Al-Fahd Nu’aimi a réussi au cours des dernières semaines à convaincre les éléments les plus radicaux – y compris des membres d’Al-Nosra affiliés à Al-Qaïda – de quitter les villages syriens situés à quelques kilomètres de la frontière israélienne.

Les membres d’Al-Nosra ont abandonné les villages de Ghadir Al-Bustan et d’Al-Qseibah dans la province de Quneitra et se sont déplacés vers l’Est pour se battre dans la banlieue ouest de Damas. Dans al-Qseibah, par exemple, Al-Nosra avait prévu de mettre en place une institution religieuse « pour diffuser l’idéologie d’Al-Qaïda », mais elle a été dissuadé de le faire par l’ASL .

Le Times of Israel n’a pas pu vérifier de façon indépendante la véracité de ces affirmations, mais une vidéo en ligne sur YouTube datée du 29 octobre montre les membres de la brigade Jund Al-Sham à Quneitra faisant le serment d’allégeance à l’ASL unifiée et se renommant « 47ème Brigade ».

« Nous ne voulons pas que toutes ces unités islamiques comme Al-Nosra, Ahrar al-Sham ou Al-Muthana restent dans la région » a-t-il expliqué. À l’heure actuelle, l’ensemble de la province de Quneitra est entre les mains de l’opposition, à l’exception de la capitale provinciale Khan Arnabeh et de la ville druze de Hadher sur les pentes du mont Hermon, qui restent fidèles au régime d’Assad.

« Il reste bien sûr des factions de l’Armée Syrienne Libre qui refusent d’unifier leurs forces, mais avec le temps et des négociations nous l’imposerons », a-t-il confié. « Nous aimerions que les pays voisins nous aident à galvaniser notre armée. »

La fragmentation et la faiblesse de l’opposition modérée dans les combats en Syrie ont longtemps inquiété Israël et l’Occident. En juin, le chef du renseignement militaire de la division des recherches d’Israël a estimé que 80% des combattants de l’opposition syrienne avaient  » clairement un ordre du jour islamiste. »

L’administration Obama – tout en poussant le Congrès à accorder une enveloppe de 500 millions de dollars d’aide aux rebelles syriens modérés que les Etats-Unis forment en Jordanie et ailleurs – doute malgré tout de l’efficacité d’une telle aide.

«Nous ne disposons pas d’un partenaire capable, prêt, effectif sur le terrain à l’intérieur de la Syrie en ce moment », avait estimé le porte-parole du Pentagone John Kirby au mois d’octobre. « C’est un fait. »

Mais le représentant de l’opposition syrienne a déclaré que si elle était correctement financée, la nouvelle armée syrienne unifiée serait capable de défendre la frontière israélienne le long de Quneitra et de répondre aux attentes des Occidentaux.

« Aujourd’hui, l’Armée Syrienne Libre tente d’émerger comme la seule force dans la région. Elle comprend les attentes des pays voisins et les exigences de paix, de stabilité et de développement », a-t-il déclaré.

« Des centaines de volontaires nous approchent chaque jour, et nous avons recruté environ 10 000 hommes qui ont inscrit leurs noms à Quneitra et à Daraa, bien qu’ils ne reçoivent aucun salaire et qu’ils puissent faire défection à tout moment. Nous ne recevons pas plus de fonds de l’Ouest que du Conseil militaire ou du Conseil syrien révolutionnaire. Nous avons besoin de véhicules, de carburant, et nous avons besoin de salaires pour nos soldats. »

En réhabilitant les infrastructures civiles endommagées dans Quneitra, a fait savoir ce militant, l’Occident pourrait renforcer la crédibilité des forces de combat modérées et éloigner les volontaires loin des factions radicales. Le prix ​​des carburants à Quneitra est monté en flèche, atteignant 4 dollars le litre et paralysant quasiment l’agriculture et les transports sur ​​le Golan syrien, a-t-il noté.

« Les gens vivent une véritable catastrophe », a-t-il affirmé.

« Si nous nous affaiblissons et devenons incapables de fournir l’eau, l’électricité, l’éducation et la santé, les gens vont désespérer de nous et rejoindre les groupes radicaux comme Al-Nosra, voire l’Etat islamique, qui a des cellules dormantes dans la région », a-t-il confié. « Les gens partout dans le monde suivent les dirigeants qui leur fournissent les moyens de base pour vivre. »