A la fin des années 1950, le célèbre trompettiste Louis Armstrong avait fait une tournée moyen-orientale à l’occasion de laquelle il s’était rendu au Liban et en Israël.

En 1959, en réaction à cette visite en Israël, des journaux égyptiens avaient accusé l’artiste d’être « le leader d’un réseau d’espions israéliens ».

Cette controverse, mise en lumière par le site américain Opendemocracy.net, dévoile le climat paranoïaque de l’époque autour du jeune État juif naissant.

Louis Amstrong, incrédule qu’on puisse le considérer comme un espion, avait réagi à ces accusations du président égyptien.

Le président de l’époque avait accusé le musicien de faire passer des messages, par l’intermédiaire de ses morceaux, aux services secrets.

Louis Amstrong, lui avait alors envoyé une copie de l’enregistrement audio avec une lettre le remettant à sa place : « Je n’ai pas besoin d’être un espion pour gagner ma vie. Je gagne assez d’argent en jouant de la trompette et j’ai une vie très heureuse grâce à ça. »

A Beyrouth, au moment de sa tournée, des journalistes avaient questionné le célèbre trompettiste sur les motivations de sa visite en Israël. Il avait alors répondu : « Vous voyez cette trompette ? Cette trompette ne peut pas nuire. Une note est une note dans n’importe quelle langue. »

A son arrivée en Israël, les journalistes, israéliens cette fois, lui avait demandé pourquoi s’était-il rendu dans les pays arabes. A cette question, l’artiste excédé avait répondu : « Aucun des deux camps n’est meilleur que l’autre. Vous être aussi mauvais qu’eux. »

Malgré la controverse, Louis Amstrong se rendra en Egypte en 1961. Lorsqu’un journaliste égyptien lui demandera s’il soutient le sionisme, il répondra : « Qu’est ce que c’est que ça mon ami ? J’ai une trompette, une jeune épouse et je n’ai pas le temps de m’occuper de ces bêtises. »

Louis Amstrong vivait pour la musique et ne se préoccupait guère des conflits géopolitiques. Il croyait, et il avait raison, que l’art permettait le regroupement, la réunion, la réunification.