BRUXELLES – L’absence d’une définition de l’Union européenne (UE) pour la haine des juifs ne compromet par les efforts pour combattre ce phénomène, a déclaré la coordinatrice de la lutte contre l’antisémitisme de l’union politique.

Katharina von Schnurbein, qui est devenue la première responsable européenne à occuper ce poste l’année dernière, a défendu la capacité de l’UE à lutter contre l’antisémitisme dans un entretien accordé à JTA au siège bruxellois de Google, où elle assistait au lancement du cours en ligne « Voir les choses en face » sur les crimes de haine développé par l’organisation CEJI – une contribution juive pour une Europe inclusive.

Von Schnurbein faisait référence au retrait en 2013 du site de l’agence européenne de lutte contre le racisme d’une « définition de travail » de l’antisémitisme, qui mentionnait également la diabolisation d’Israël comme exemple du phénomène. Suite au retrait, les responsables européens se sont distanciés de ce texte, que les militants pro-palestiniens ont longtemps jugé dangereux pour la liberté d’expression.

Et pourtant, von Schnurbein a déclaré lundi que quel que soit le statut de la définition de travail et sa présence sur les publications de l’UE, « l’aspect important de la définition de travail non contraignante est qu’elle est appliquée ».

L'antisémitisme progresse dans le monde (Crédit : CC BY-SA Beny Shlevich/Flickr).

L’antisémitisme progresse dans le monde (Crédit : CC BY-SA Beny Shlevich/Flickr).

Interrogée par JTA sur le retrait de 2013, une porte-parole de l’Agence des droits fondamentaux de l’UE a déclaré que la définition n’avait jamais été une politique officielle.

« L’agence n’a pas besoin de développer sa propre définition de l’antisémitisme pour faire des recherches sur le sujet », a déclaré la porte-parole Blanca Tapia.

Le Centre Simon Wiesenthal avait réagi au retrait du texte en déclarant que ce geste compromettait la crédibilité du désir affiché par l’UE de lutter contre l’antisémitisme.

Cette année, l’Alliance internationale pour le souvenir de l’Holocauste, une agence intergouvernementale de 31 pays occidentaux, a adopté une définition similaire, qui fait référence à Israël. Robert Williams, qui y représente les Etats-Unis, a déclaré que la raison de l’introduction d’une définition était en partie le remplacement de celle supprimée par Bruxelles.

Un vigile du Community security Trust pendant une célébration de Hanukkah, à Londres, en 2014. (Crédit : Blake Ezra Photography via JTA)

Un vigile du Community security Trust pendant une célébration de Hanukkah, à Londres, en 2014. (Crédit : Blake Ezra Photography via JTA)

Soulignant ce développement, von Schnurbein a ajouté que le Community Security Trust, la principale organisation de lutte contre l’antisémitisme de la communauté juive britannique, « applique la définition dans son travail, les Roumains ont commencé à l’utiliser pour former juges et procureurs, les Autrichiens également. Elle est donc utilisée. »

Le cours en ligne « Voir les choses en face » commencera le 17 janvier. Créé par le CEJI avec le soutien de Google, Facebook et Twitter, le séminaire de 16 heures fournira des outils aux enseignants, aux militants et à d’autres professionnels pour identifier et combattre les discours racistes, a annoncé le CEJI.