L’Union européenne considère toujours le Hamas comme une organisation terroriste mais soutient l’intégration du groupe dans le gouvernement d’unité palestinienne pour faire avancer la « culture de la démocratie » dans la société palestinienne, explique mardi le représentant de l’UE en Israël.

« Notre point de vue sur le Hamas n’a pas changé – c’est une organisation terroriste et qualifiée en tant que telle par les lois européennes » indique Lars Faaborg-Andersen.

« Mais quelque chose doit être fait pour paver la route des élections tant nécessaires au développement de la culture de la démocratie dans le futur Etat Palestinien ».

En janvier 2006, le Hamas a remporté une victoire écrasante aux législatives palestiniennes, obtenant 74 des 132 sièges.

La faction du Fatah menée par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a gagné 45 sièges. A l’époque, Israël avait protesté contre la présence du Hamas aux élections.

Lors d’un déjeuner de travail des ambassadeurs de l’UE avec le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman à Jérusalem, Faaborg-Andersen a réitéré le soutien général de l’UE pour la réconciliation entre le Fatah et le Hamas signée le mois dernier, ce qui a conduit Israël à suspendre les négociations de paix menées par les Etats-Unis.

Cependant, il a ajouté : « Seul un gouvernement palestinien de personnalités indépendantes qui s’engagent à la non-violence, acceptent les accords antérieurs et le droit d’Israël à exister, sera acceptable pour nous. »

Lundi, les ministres des Affaires étrangères des 28 Etats membres de l’UE ont déclaré à leur réunion mensuelle à Bruxelles que l’Europe était prête à soutenir financièrement le futur gouvernement palestinien, mais seulement s’il s’engage pour la non-violence et pour une solution à deux Etats et accepte les accords et obligations antérieurs, en reconnaissant le droit légitime d’Israël à exister.

« L’engagement de l’UE avec un nouveau gouvernement palestinien sera basé sur son adhésion à ces politiques et ces engagements », ont déclaré les ministres. « La réconciliation de ces termes est un élément important pour l’unité d’un futur Etat palestinien et pour parvenir à une solution à deux États et à une paix durable. »

Alors que les ministres ont exhorté les deux côtés à « exercer un maximum de retenue et à éviter toute action unilatérale qui peut en outre saper les efforts de paix et la viabilité d’une solution à deux Etats »,
Faaborg-Andersen a déclaré qu’il « est encourageant de constater que les deux parties ont, depuis le 29 avril, fait preuve de retenue et les mesures qui pourraient encore compromettre les efforts de paix doivent être évitées. »

Liberman n’a pas répondu à Faaborg- ndersen au cours du déjeuner.

Plus tôt dans la journée, lors de la réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, il a dit qu’Israël ne négocierait pas avec un gouvernement comprenant le Hamas aussi longtemps que le groupe n’accepte pas les conditions du Quartet pour le Proche-Orient, incluant une reconnaissance d’Israël.

Liberman a également attaqué Abbas, disant qu’il n’était pas intéressé à apporter la paix à son peuple.

« Ce qui est important pour Abou Mazen [Abbas] est seulement l’héritage qu’il laisse derrière lui. A partir de maintenant, l’impasse dans les négociations avec les Palestiniens devrait se poursuivre », a-t-il dit.