Pour la première fois depuis des années, la branche culturelle des Nations unies n’adoptera probablement pas de résolutions anti-israéliennes à l’occasion de son plus important sommet prévu cette semaine, un résultat qui représente une victoire diplomatique significative pour Jérusalem.

Comme elles l’avaient déjà fait un certain nombre de fois ces dernières années, plusieurs nations arabes présentes au sein de l’Organisation des Nations unies pour l’Education, la Science et la culture avaient élaboré deux résolutions qui condamnent Israël pour des actions variées à Jérusalem, dans la bande de Gaza, sur le plateau du Golan et ailleurs.

Mais suite à des pressions intenses exercées par les Israéliens et les Américains, aucun de leurs textes ne sera voté durant la rencontre de la 202ème session de l’instance, qui débutera lundi à Paris.

Au contraire, deux résolutions écartant les deux propositions évoquées ci-dessus pour une période de six mois devraient être adoptées à l’unanimité.

Le président du Conseil exécutif, le diplomate allemand Michael Worbs, devrait proposer à l’UNESCO d’inclure les résolutions 202 EX/39 et 202 EX/38 sur l’agenda de sa prochaine session, qui est prévue au mois d’avril 2018.

Les résolutions reportant les deux textes anti-israéliens devraient être votées mercredi.

« Ces résolutions devraient être adoptées à l’unanimité – à moins qu’un pays ne rompe son engagement à la dernière minute », a déclaré samedi au Times of Israël l’ambassadeur israélien à l’UNESCO, Carmel Shama-Hacohen.

Il a expliqué qu’Israël n’avait passé aucun accord de compromis pour obtenir ces votes en faveur d’un ajournement des deux textes.

L’UNESCO est actuellement en train de se choisir un nouveau directeur-général, dont l’une des missions essentielles sera de récupérer un financement américain en faveur de l’organisation.

Accusée d’afficher une partialité anti-israélienne dans le conflit israélo-palestinien et de traîner les pieds sur d’éventuelles réformes, l’UNESCO a suscité la colère d’Israël et des Etats-Unis en accordant le statut de membre à la Palestine en 2011. Les deux pays avaient dans la foulée suspendu leur financement de l’agence.

L’une des résolutions qui devrait être reportée cette semaine est similaire à celle adoptée au mois de mai dont l’objectif était de minimiser les liens juifs avec Jérusalem. L’autre contient une série d’accusations contre l’Etat juif, notamment « des violations de l’armée israélienne commises contre les universités et les écoles palestiniennes », et appelle Jérusalem à « mettre un terme à toutes les activités d’implantation ».

Les résolutions anti-israéliennes de l’instance, basée à Paris, entraînent systématiquement des combats difficiles à mener pour Israël. Toutefois, ces derniers mois, de plus en plus de pays ont commencé à rejeter les résolutions critiques à l’égard d’Israël, les qualifiant de biaisées.

Le 2 mai – jour de l’indépendance en Israël – le Conseil exécutif de l’UNESCO avait adopté une résolution qui niait les revendications israéliennes envers Jérusalem et qualifiait l’Etat juif de « puissance occupante ». Vingt-deux pays avaient voté en faveur de la motion, 10 s’y étaient opposés et 23 s’étaient abstenus.

Le 7 juillet, la Commission du patrimoine mondial de l’UNESCO avait désigné « site du patrimoine mondial palestinien en péril » le tombeau des patriarches, situé dans la Vieille ville de Hébron en Cisjordanie.

Douze pays s’étaient prononcés en faveur de cette initiative, contre trois oppositions et six abstentions.

Une session du Conseil exécutif sans que ne soit votée une résolution critique d’Israël serait considérée comme un résultat substantiel des efforts israéliens visant à mettre un terme à la partialité anti-israélienne à l’UNESCO et plus généralement à l’ONU.

Toutefois, les responsables sont restés discrets sur cette possibilité, craignant apparemment que des déclarations grandiloquentes ne viennent mettre en péril ce report.

L'ambassadeur israélien à l' UNESCO, Carmel Shama-Hacohen, avec la directrice-générale de l'agence culturelle Irina Bokova, le 26 septembre 2017 (Crédit : Erez Lichtfeld)

L’ambassadeur israélien à l’ UNESCO, Carmel Shama-Hacohen, avec la directrice-générale de l’agence culturelle Irina Bokova, le 26 septembre 2017 (Crédit : Erez Lichtfeld)

« Je ne croirais pas que cela arrivera vraiment jusqu’à ce que j’entende le marteau du président annonçant que les résolutions anti-israéliennes ont été reportées. Je vais écrire deux discours de réponse », a expliqué samedi Shama-Hacohen dans une déclaration.

Tandis que les résolutions anti-israéliennes seront seulement reportées, Israël considère ce développement comme « une avancée significative vers l’élimination totale » de telles propositions, a-t-il ajouté.

« Le temps nous dira si c’est un changement tactique ou un changement d’approche et un progrès significatif vers la disparition des incitations et de la politisation à notre détriment au sein de l’organisation », a conclu Shama-Hacohen.