L’unique centrale de la bande de Gaza a cessé de fonctionner samedi faute d’approvisionnement en fuel en provenance d’Israël, a indiqué le directeur adjoint de l’autorité de l’Energie de Gaza.

« La centrale a complètement cessé de fonctionner en raison du manque de fuel provoqué par la fermeture du point de passage de Kerem Shalom », a déclaré à l’AFP Fathi al-Sheikh Khalil.

Le point de passage de Kerem Shalom, par lequel transitent les marchandises entre Israël et la bande de Gaza, a été fermé mercredi jusqu’à nouvel ordre par Israël après le tir de dizaines de roquettes vers le sud d’Israël par le mouvement radical palestinien Jihad islamique.

L’arrêt a contraint la compagnie à limiter à six heures par jour l’approvisionnement en électricité, contre 12 heures lorsque la centrale fonctionne, a précisé l’autorité de l’Energie, qui dépend du gouvernement du Hamas au pouvoir à Gaza, dans un communiqué.

Un responsable israélien a pour sa part démenti la version des faits palestinienne.

« La pénurie de carburant à Gaza résulte d’un conflit interne entre le gouvernement du Hamas dans la bande de Gaza et l’Autorité palestinienne à Ramallah », a déclaré ce responsable à l’AFP sous couvert de l’anonymat.

« Le point de passage de Kerem Shalom est toujours fermé le vendredi et le samedi, il n’a donc été fermé que pour une journée entière de plus (jeudi) », a-t-il ajouté.

La frontière Keren Shalom (Crédit : Tsafrir Abayov/Flash 90)

La frontière Keren Shalom (Crédit : Tsafrir Abayov/Flash 90)

Le fonctionnement de la centrale de la bande de Gaza a été interrompu à plusieurs reprises ces derniers mois, le dernier arrêt remontant à la fin décembre.

La démolition de centaines de tunnels de contrebande sous la frontière avec l’Egypte par l’armée égyptienne à la suite de la destitution du président islamiste Mohamed Morsi le 3 juillet a provoqué une pénurie de carburant dans le territoire palestinien gouverné par le Hamas.

Alors que le fuel n’arrive qu’au goutte-compte via Israël, le trafic de carburant égyptien par les tunnels s’est quasiment tari.

Il est tombé d’environ un million de litres par jour en juin à moins de 20 000 litres par semaine fin 2013, selon l’ONU, entraînant des arrêts prolongés de l’unique centrale électrique, qui fournit 30 % des besoins en électricité de l’enclave palestinienne.