Le procureur général de Gaza a annoncé dimanche avoir ordonné la réouverture des enseignes de l’unique compagnie de téléphonie mobile de l’enclave palestinienne, accusée de fraude fiscale.

La police, qui dépend du mouvement terroriste Hamas au pouvoir à Gaza, avait fermé mardi le siège du groupe Jawwal à Gaza, y apposant des affiches proclamant sa fermeture « sur ordre du procureur général » pour « évasion fiscale ».

Mais dimanche, le bureau du procureur Ismaïl Jaber a indiqué dans un communiqué que le magistrat avait « ordonné la réouverture », sans donner les raisons de cette nouvelle décision.

« Tous les bureaux et les enseignes de Jawwal ont pu rouvrir », a confirmé à l’AFP un dirigeant de l’entreprise sous couvert de l’anonymat.

Jawwal est l’un des plus importants acteurs du secteur privé palestinien et a son siège à Ramallah, en Cisjordanie, où siège l’Autorité palestinienne.

Son directeur, Ammar Al-Eker, a réaffirmé dimanche dans un communiqué que son entreprise avait « toujours rempli ses obligations fiscales et financières à l’égard du gouvernement d’union ».

Pour les experts, c’est bien là que réside le problème : le Hamas pourrait protester contre le fait que Jawwal a bien payé ses taxes, mais à l’Autorité, et non au mouvement terroriste qui contrôle Gaza depuis 2007 et refuse d’en céder le contrôle après que la réconciliation entre les deux mouvements a fait long feu.

Eker s’est encore engagé à « renforcer les projets sociaux et les programmes de développement » menés par Jawwal dans la bande de Gaza.

Il y a quelques années, pour ne pas verser directement d’impôts au gouvernement du Hamas que Ramallah ne reconnaissait pas, la compagnie de téléphonie mobile avait en partie financé la principale route de la bande de Gaza reliant la ville de Gaza au sud de cette région.

Ce n’est pas la première fois que le conflit entre l’Autorité du président Mahmoud Abbas et le Hamas porte sur des questions financières.