Pour les entreprises spécialisées dans les hautes technologies, « 8200 » est un chiffre particulier.

C’est le vivier de recrutement pour les entreprises en quête des meilleurs talents en ingénierie, dans les communications, ou dans n’importe quel autre domaine lié à la technologie.

A l’origine de bon nombre de percées technologiques employées par l’armée israélienne pour assurer la sécurité des Israéliens, les soldats de l’unité 8200 rapportent leurs compétences avec eux quand ils se désengagent de l’armée et les utilisent pour développer des technologies révolutionnaires.

Parmi les entreprises fondées par des anciens de 8200: Check Point, ICQ, Palo Alto Networks, NICE, AudioCodes, Gilat, Leadspace et EZchip, pour n’en citer que quelques-unes.

Les talentueuses recrues de 8200 apprécient l’opportunité qui leur est offerte.

Et ils sont impatients de témoigner de cette faveur en aidant les autres, affirme Inbal Arieli, à la tête du 8200 Entrepreneurship and Innovation Support Program (EISP), un incubateur géré par l’Association des diplômés de 8200.

« C’est notre manière de rendre », a déclaré Arieli. « Nous avons eu le privilège d’intégrer une organisation incroyable, où nous avons acquis les compétences technologiques et entrepreneuriales pour réussir, et développé un réseau qui nous permette d’exploiter nos ressources afin de créer des applications, des services et des entreprises. Nous voulons mettre notre expérience au service des autres afin qu’ils puissent aussi bien réussir ».

L’unité 8200 compte des milliers d’anciennes recrues en Israël. En 2011, certaines d’entre elles ont décidé de créer l’EISP, avec l’intention d’en faire un incubateur pas comme les autres.

Et selon Arieli, le pari est réussi. « Les 26 entrepreneurs qui ont participé aux deux premières années du programme en 2011 et 2012 ont jusqu’ici réussi à lever au moins un million de dollars en moyenne de fonds ». Et parmi ceux qui ont trouvé des fonds de démarrage, 75 % ont continué de lever des financements supplémentaires, a-t-elle ajouté.

L’EISP admet vingt entrepreneurs par an, sur 200 postulants, qui participent à un programme de cinq mois piloté par d’anciennes recrues de 8200 et des professionnels de haut niveau du monde de l’entreprise, de la banque, de la technologie…

L’EISP admet vingt entrepreneurs par an, sur 200 postulants, qui participent à un programme de cinq mois piloté par d’anciennes recrues de 8200 et des professionnels de haut niveau du monde de l’entreprise, de la banque, de la technologie…

Ces derniers viennent prendre la parole et servir de mentors au cours des quinze réunions d’une journée chacune (12 heures par jour) réparties sur 5 mois, entre les mois de février et de juillet.

La journée démo en juillet constitue le point culminant du programme, et se déroule en présence de 300 investisseurs de premier plan et de représentants de multinationales.

Les candidats n’ont pas l’obligation d’avoir servi dans 8200, ou même dans toute autre unité d’élite de l’armée israélienne.

Mais ils doivent avoir effectué leur service militaire ou un service national.

Le programme encourage des idées de start-up encore au stade embryonnaire mais également des start-up plus avancées avec un prototype ou une application bêta déjà établie.

« Nous aimons mélanger », a déclaré Arieli. « Nous croyons que dans un groupe diversifié, les entrepreneurs pourront entendre tout un panel d’idées, seront exposés à des points de vue qu’ils n’ont pas coutume d’entendre, et apprendront comment améliorer leur technologie ou leur business model.»

La diversité des points de vue est un élément clé de l’EISP, explique Arieli.

« Au moins 30 % du programme est consacré à la réflexion et aux discussions autour des succès et des échecs rencontrés par les participants pour bâtir leurs entreprises. Nous croyons beaucoup en la capacité de ce groupe d’aider les entrepreneurs à réussir ».

Mais quels sont donc les résultats concrets du programme ?

Selon Arieli, l’EISP peut se vanter de ses réalisations. « 75 % des anciens élèves du programme ont fondé une start-up et ces start-up emploient plus de 270 personnes en Israël et à l’étranger ».

« Parmi les diplômés du programme, des investisseurs ont manifesté un sérieux intérêt pour Carambola, qui a levé 5 millions de dollars auprès de VCs et d’investisseurs privés, et qui est sur le point d’ étendre ses activités aux États-Unis ; Wirex Systems, qui a levé environ 2 millions de dollars auprès de Magma Venture Partners ; Lacoon Security, avec 10 millions de dollars à ce jour ; Zipory, qui a recueilli plus d’1 million de dollars d’investisseurs privés et stratégiques, et bien d’autres entreprises », a déclaré Arieli.

Les participants apprécient tout particulièrement un point, selon Arieli. EISP n’exige rien d’eux en retour. Aucun paiement ni aucun capital, à la différence de la majorité des incubateurs du pays.

En effet, tout est fait sur la base du volontariat, avec des mentors et intervenants qui offrent gratuitement de leur temps pour aider les jeunes entrepreneurs à réussir. EISP a naturellement besoin de partenaires et de sponsors de premier plan pour assurer la pérennité du programme.

Et plusieurs institutions et entreprises ont répondu présent : la Banque Hapoalim, Ernst & Young Israël les cabinets d’avocats Naschitz Brandes et Pearl Cohen Zedek Latzer Baratz, le groupe BRM, AOL Israël, Nextage, la ville de Bat Yam et la Business School Recanati de l’Université de Tel Aviv.

Parmi les mentors que les recrues rencontrent, Hanina Brandes, qui dirige le cabinet d’avocats Naschitz Brandes.

Elle se dit honorée d’avoir été choisie pour intervenir et faire partager son expérience. « Il s’agit d’un incubateur unique dans le monde », a déclaré Brandes.

« La moitié des exportations d’Israël aujourd’hui sont issues de la technologie », a déclaré Brandes.

« Et le gouvernement agit très peu pour soutenir les entreprises qui sont devenues l’épine dorsale de l’économie, et préfère dépenser l’argent public dans un grand nombre de programmes très intéressants, dont beaucoup ne répondent en aucun cas aux besoins du pays. »