Un législateur britannique a accusé l’université d’Oxford d’ « apartheid social » suite à la publication de données montrant qu’un tiers de ses facultés n’a accepté aucun étudiant britannique noir en 2015.

Le député travailliste David Lammy, qui a été le premier étudiant britannique noir à s’inscrire à l’université de Harvard et qui a autrefois été ministre de l’Enseignement supérieur, a critiqué l’université d’élite pour sa discrimination, a indiqué jeudi le journal britannique The Guardian.

« C’est de l’apartheid social et c’est complètement non représentatif de la vie dans la Grande-Bretagne moderne », a déclaré Lammy.

Selon les données publiées en vertu de la loi sur la Liberté de l’information, 10 des 32 facultés d’Oxford n’a pas accepté une seule personne noire britannique en 2015, ce qui représentait une amélioration majeure par rapport à 2009. En effet 2009, le nombre de faculté n’ayant inscrit aucun élève noir était de 21 facultés. À Cambridge, l’université la plus prestigieuse d’Angleterre, 6 des 31 facultés n’ont pas accepté d’étudiants britanniques noirs en 2015.

Le député David Lammy (Crédit : Chris McAndrew / Wikipedia)

Le député David Lammy (Crédit : Chris McAndrew / Wikipedia)

Lammy a cherché l’information en 2016. Cambridge l’a immédiatement fournie. Oxford l’a finalement publiée jeudi.

Les universités d’Oxford et de Cambridge proposent à leurs étudiants des dortoirs, ainsi que des bibliothèques, et organisent souvent des conférences, des cours et des laboratoires.

En dépit des efforts déployés par l’université d’Oxford pour accueillir des étudiants de « tous les milieux socio-économiques, culturels et géographiques », les données montrent également que les étudiants des régions défavorisées du Pays de Galles et du nord-ouest de l’Angleterre n’ont pas été acceptés en nombre significatif.

« Il y a près de 400 étudiants noirs obtenant trois A [la meilleure note] au A-Levels [l’équivalent britannique du bac] ou mieux chaque année », a déclaré Lammy. Cependant, peu d’entre eux présentent des dossiers de candidature à Oxford ou à Cambridge.

Quelque 3 % de la population britannique a été identifiée comme noire lors du dernier recensement britannique. Les nombres d’acceptation pour les autres minorités étaient comparables aux taux d’acceptation des étudiants blancs.

En réponse, un porte-parole de l’université d’Oxford a déclaré que la résolution du problème nécessitait « un long voyage qui exige un énorme effort collectif de la part de la société — y compris des universités de premier plan comme Oxford — pour remédier aux graves inégalités ».

L’université travaille dur pour améliorer les taux d’acceptation des minorités, a déclaré le porte-parole, et pour encourager plus de diplômés du secondaire de ces communautés à postuler.

« Nous travaillons aussi … pour montrer aux jeunes noirs talentueux qu’ils peuvent s’intégrer et prospérer dans une université comme Oxford. Tout cela montre de réels progrès et c’est quelque chose que nous voulons améliorer davantage », a ajouté le porte-parole.

Un porte-parole de Cambridge a souligné que la faible proportion d’étudiants issus de milieux défavorisés s’explique principalement par le faible nombre de candidats.

« Le plus grand obstacle à l’inscription dans des universités sélectives pour les étudiants issus de milieux défavorisés est un faible taus de réussite scolaire à l’école », a déclaré le porte-parole de Cambridge. « Nous évaluons les réussites de ces étudiants dans leur contexte complet afin de s’assurer que les étudiants ayant un grand potentiel académique soient identifiés. »