Un haut-responsable palestinien a déclaré mardi que le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’efforce de « détruire » la solution à deux états en promettant de développer davantage et même d’annexer l’une des plus importantes implantations juives en Cisjordanie.

Nabil Chaath, haut-conseiller du président palestinien Mahmoud Abbas, a qualifié de « complètement inacceptables » les propos tenus par Netanyahu.

« C’est une tentative de Netanyahu de détruire la solution à deux états et le refus clair de toute initiative visant à la reprise du processus de paix, en particulier celle des Etats-Unis », a-t-il commenté.

Dans la matinée, Netanyahu s’était rendu dans la ville de Maale Adumim. Il s’était engagé là-bas à faire construire des milliers de nouveaux logements et il a apporté son soutien à un projet de loi qui prévoit de retracer les frontières municipales de Jérusalem de manière à y inclure cette vaste implantation.

Ces paroles ont suscité de furieuses réactions chez les Palestiniens et représentent un nouveau test pour l’administration Trump, qui travaille depuis plus de huit mois en faveur de la reprise des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens.

Nabil Shaath devant la presse dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 1er octobre 2011 (Crédit : Issam Rimawi/Flash 90)

Nabil Shaath devant la presse dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 1er octobre 2011 (Crédit : Issam Rimawi/Flash 90)

Netanyahu a annoncé pendant cette visite une période de « développement renforcé ».

« Nous allons construire des milliers d’unités de logement ici », a-t-il expliqué. « Nous ajouterons la zone industrielle qui est nécessaire et les expansions qu’il faut pour permettre le développement annoncé de ce lieu ».

« Et cet endroit fera partie de l’Etat d’Israël, » a-t-il ajouté.

Les Palestiniens veulent que la Cisjordanie, qui a été capturée par Israël lors de la guerre moyen-orientale de 1967, fasse partie de leur futur état indépendant et ils considèrent toutes les implantations israéliennes comme illégales – un positionnement qui est largement partagé par la communauté internationale. Israël indique que l’avenir des implantations devra se résoudre par le biais de négociations.

Maale Adumim est une implantation de 40 000 personnes à peu près située à l’est de Jérusalem.

Les Israéliens s’attendent largement à ce que Maale Admumim soit annexé dans le cadre d’un échange de terres sous les termes d’un accord futur qui sera passé avec les Palestiniens. Les critiques affirment néanmoins qu’étendre la souveraineté israélienne sur cette importante implantation et sur une parcelle de terre connue sous le nom de E-1 localisée entre Maale Adumim et la capitale, séparant effectivement les moitiés nord et sud de la Cisjordanie, empêcherait la création d’un état palestinien contigu.

Le président américain Donald a adopté un positionnement plus clément que ses prédécesseurs envers les implantations et ses hauts-conseillers, notamment son gendre Jared Kushner et l’ambassadeur en Israël David Friedman, entretiennent depuis longtemps des liens avec le mouvement pro-implantation.

Trump avait toutefois demandé à Israël de faire preuve de retenue dans ces constructions.

Au début de l’année, Israël a mis en suspens une proposition d’annexion de Maale Adumim, apparemment en raison des pressions exercées par la Maison Blanche.

L’envoyé de Trump au Moyen-Orient, Jason Greenblatt, s’est rendu dans la région et a rencontré les parties impliquées dans le cadre de ses efforts visant à relancer les négociations de paix.

Le bureau de Greenblatt n’a pas encore réagi aux propos de Netanyahu.