Emmanuel Macron a demandé vendredi la levée « le plus rapidement possible » des « mesures d’embargo affectant les populations du Qatar », selon un communiqué de l’Elysée publié à l’issue d’une rencontre entre le président français et l’émir qatari, cheikh Tamim Al-Thani.

Depuis plus de trois mois, le Qatar est sous le coup d’un embargo de ses voisins du Golfe, dont l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et Bahreïn qui l’accusent de soutien au « terrorisme ».

Le président français « a demandé que les mesures d’embargo affectant les populations du Qatar, en particulier les familles et les étudiants, soient levées le plus rapidement possible », selon le communiqué de l’Elysée.

Macron et l’émir « ont évoqué la crise en cours entre le Qatar et plusieurs pays du Moyen Orient. Le président de la République a exprimé sa préoccupation face à des tensions qui menacent la stabilité régionale, entravent la résolution politique des crises et l’efficacité de notre lutte collective contre le terrorisme », précise-t-il.

L'émir du Qatar, le cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, à Ryad, lors de la visite du président américain Donald Trump, le 21 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

L’émir du Qatar, le cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, à Ryad, lors de la visite du président américain Donald Trump, le 21 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte ont rompu le 5 juin leurs relations avec le Qatar et lui ont imposé des sanctions économiques (arrêt des liaisons aériennes, maritimes et terrestres) après l’avoir accusé de soutenir des groupes islamistes radicaux et de se rapprocher de l’Iran. Doha a rejeté ces accusations.

Plus tôt dans la journée, l’émir avait rencontré à Berlin la chancelière allemande Angela Merkel.

Elle a appelé les acteurs de la crise à « s’asseoir à une même table », estimant que les négociations entre le Qatar d’une part, et d’autre part l’Arabie Saoudite et ses alliés, devaient être discrètes pour réussir.

L’émir a pour sa part indiqué « être prêt à s’asseoir à la table [des négociations] pour résoudre la crise » du Golfe, au cours d’une conférence de presse au côté de Merkel.

Il avait été reçu jeudi à Ankara par le chef de l’Etat turc Recep Tayyip Erdogan.

Il s’agit du premier déplacement officiel de l’émir depuis le début du différend qui oppose le richissime Etat gazier à ses voisins du Golfe.

Le président de la République française a par ailleurs « rappelé la détermination totale de la France à lutter contre le terrorisme et son financement, et la nécessité de renforcer tous les dispositifs nationaux, régionaux et internationaux à cette fin. »

La France et le Qatar « sont résolus à approfondir la coopération entre [les] deux pays dans ce domaine et à mettre en place des mécanismes communs destinés à assécher les sources de financement du terrorisme et prévenir la radicalisation. Ils sont convenus de travailler ensemble dans la perspective de la conférence sur la lutte contre le financement du terrorisme que la France organisera début 2018 », assure le communiqué.

Dans une interview au Point le 7 septembre, Macron avait affirmé que « le Qatar et l’Arabie saoudite ont financé des groupements qui n’étaient pas les mêmes, mais qui ont de fait contribué au terrorisme. »